INTRODUCTION. XXXIII
paysage historique voulait l'impossible. L'intervalle qui les séparait était bien marqué, mais ce n'était ■pas un abîme : ce n'était qu'un fossé. Du côté des classiques, la pente était un peu abrupte sans doute, mais non infranchissable, et vers l'école sincère elle s'élevait par degrés insensibles et pleins de séductions invitantes. Celle-ci ne fut donc tenue qu'à peu d'efforts pour s'imposer, et elle s'est maintenue toujours forte et féconde, parce qu'elle a suivi résolument et sans détours la grande, l'éternelle voie de la vérité, noble ou touchante, quelquefois triviale (d'une trivialité émouvante) jamais vulgaire, ni grossière. Il faut se borner, c'est pourquoi je n'insisterai point sur la peinture de genre. Elle n'a d'ailleurs pas fait de progrès très-sensibles depuis Chardin, et je doute même que ce maître remarquable du dix-huitième siècle ait été dépassé par ses petits fils du dix-neuvième. Le nom qu'on oubliera le moins est celui de Granet. Sauf quelques autres exceptions, le genre est
devenu une marchandise abondante et banale dont la production n'intéresse guère que les marchands de tableaux. Ne regrettons donc pas à ce sujet les étroites limites de notre cadre, étroites pour un si