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flnS) et qu'elle n*â fait que modeler plus étroitement ; le profil est plus noble, plus pur que celui de Harat, mais cela tient uniquement au modèle et nuUement an talent du peintre.
Voilà donc deu2 grandes (Buia*es où David a montré ce qn^ eût pu faire pour les progrès de Tart français, s'il avait compris sa mission. S'il n'avait partagé avec ses contemporains Terreur malheureuse qui le fit bientôt retourner à limitation de Vantique, David, avec son talent et son nom , pouvait nous éviter un siècle de troubles, d'angoisses et de doutes : il pouvait, il 7 a soixante-dix ans, réunir les premiers éléments du beau moderne .
Le Serment du jeu de paume ^ la Tête de Michel LepeUe* tûr et le Marat expirant * étaient les trois premières étapes dans cette voie de liberté où il trouvait une gloire durable ;*et, par la science du dessin, par l'autorité de son enseignement, il mettait cette réforme, que l'on eût alors facilement acceptée, à l'abri des
^ Le defsia à la plume d'après la tête de Lepelletier de Saint-Fargeau fait partie de la galerie de S. A. I. le prince Napoléon, qui se trouve posséder ainsi l'une des quatre grandes œuyres de David. Ij^ Marat expirant, que l'on voit dans la même galerie, est une excellente copie faite par Gérard, d'après l'original qui appartient à M. Jules Didot. Je tiens d'une personne digne de foi que le dernier possesseur de la Uwrt de Lepelletier a brûlé ce tableau. Il aurait obéi à un sentiment exagéré de haine politique contre le personnage mis en scène par David. Le tableau était en lui-même assez mau^ vais, au point de vue de la composition. Le dessin à la plume qui nous reste fait au peintre plus d'honneur que l'œuvre achevée.
contestations quelle soulèvera longtemps encore cbntre ceux qui oseront Tentreprendre. Il y avait en David le germe de grandes interprétations ; il n'a su ni le voir ni le développer, et, ce qui est plus grave, chez ses élèves, il Ta étouffé.
Peut-être la faute ne lui est-elle pas uniquement imputable ; les événements dans sa vie furent bientôt d'une rigueur inattendue. Comme il avait adoré Marat, comme, plus tard, il adorera Bonaparte, il adorait Robespierre ; il avait soulevé bien des haines contre lui, et, si nous laissions le peintre dans l'ombre pour regarder Thomifie plus attentivement, il nous serait facile de voir qu'elles n'étaient pas toutes imméritées. Comme membre de la Convention, il ne s'était pas borné à dresser le plan des grandes fêtes républicaines, à régler l'ordre des cérémonies, à dessiner des costumes pour les divers corps de l'État ou les médailles commémoratives des faits de guerre les plus glorieux, et cela « à l'imitation des Grecs et des Romains ^ » Dans ses discours, la plupart ridiculement emphatiques et faux de ton, il ne proposait pas seulement l'érection de statues ou de monuments nationaux, il parlait souvent aussi sur les arts et sur la situation des artistes. En 1789, il avait appuyé de toute son influence une pétition de quelques-uns d'entre eux tendant à faire supprimer l'académie de peinture, et pendant trois ans il poursuivit ce but
J Discours prononcé par David à la Convention nationale,, le 26 octobre 1792.
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avec obstination; il l'atteignit enfin. On ne lui pardonna pas cela, et lorsque après le 9 thermidor il fut décrété d'accusation comme faisant partie du Comité de Salut public et comme ami de Robespierre, il s Releva une voix qui, dans ses interpellations violentes, ne manqua pas de rappeler « le tyran des arts. » Il fut arrêté en effet, mais bientôt après délivré, sur un rapport de Merlin de Douai déclarant, au nom des trois comités, qu^il n'y avait pas lieu à examen. Circonstance honorable pour David, ses élèves avaient fait parvenir à rassemblée une lettre par laquelle ils demandaient que leur maître fût rendu à son enseignement. Quelques mois plus tard cependant, compromis de nouveau dans un complot des terroristes contrôla Convention, il fut emprisonné au Luxembourg. Les émotions violentes qu'il avait éprouvées pendant les terribles journées où il paraissait en coupable à la barre de cette chambre qui ne lui avait jusqu'alors adressé que des approbations, Tinquiétude qui lui restait encore sur l'issue de sa détention , calmèrent sensiblement sa fièvre républicaine, et c*est là sans doute qu'il résolut de refuser à jamais son pinceau aux scènes contemporaines — nous verrons s'il se tint parole — pour se consacrer exclusivement au culte du beau antique et de la tradition.