H. FLANDRIN
Le public et M. H. Flandrîn. — Peintures murales de Saiut* Germain-des-Prés et de Saint-Vincent-de-Paul. — Le sentiment religieux dans l'art : le Vrai catholique et le Vrai humain. — La main et l'esprit. — La vérité plastique et la vérité morale. — L'idéalisme et le réalisme.— M. Goiirbet et son critique. — M. Courbet et la jeune école. — La sincérité du sentiment dans VsHH,
Dans une ombre discrète et choisie, fuyant avec persistance et le bruit et la lumière, il est un peintre qui, depuis trente ans, marche d'un pas toujours égal vers un but constamment poursuivi : Texpression de l'idéalité religieuse.
D'un pinceau lent, dénué de souplesse et de vigueur, mais savant et sûr, il couvre les murailles de nos églises d'œuvres bien faites pour nous étonner, en ce temps où le succès est encore réservé à la peinture facile, légère et amusante.
En présence de ces longues files de personnages
mystiques qui se déroulent dans l'église Saint-Vincent-de-Paul, variant à l'infini toutes les postures de Tadoration : des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament récemment découvertes dans la nef de Saint-Germain-des-Prés, on est pris d'un singulier respect pour l'artiste qui, sans fléchir, a su maintenir son talent à une telle élévation, et rester ausgi continûment austère, sans, vis-à-vis de lui-même, cesser un seul instant d'être vrai.
Le nom de cet artiste n'a jamais atteint la popularité; il ne Patteindra probablement pas en ce siècle. S'il a dépassé le cercle d'une certaine élite très-restreinte, c'est bien plus parce qu'on l'a vu au bas de quelques merveilleux portraits, que parce qu'il a laissé son empreinte sur les parois de vastes peintures murales. Le moment viendra, je n'en doute pas, où Ton rendra au nom de M. Hippolyte'Flandrin la place qui lui est légitimement due dans Part français. Si, malgré nos prévisions, il nous est donné de voir ce moment, notre éducation artistique aura sans doute fait bien des progrès, nous aurons conquis le goût des études sévères et repris quelque attrait pour le genre sérieuiç, qui n'est le genre ennuyeux que pour les esprits frivoles.
L'opinion publique, cependant, ne s'est pas intentionnellement tenue à l'écart de M. Hippolyte Flandrin. Elle aime qu'on la sollicite, qu'on la presse, qu'on s'impose à elle ; elle a des tendresses, — souvent bien perfides, il est vrai, et fugitives, — pour
Téclat, pour le coup de trompette; et, soit modestie, soit fierté naturelle, M. H. Flandrin ne s'est jamais mis à la tète d'aucun parti ; il a laissé à qui l'a souhaitée, la satisfaction vaniteuse de tenir ouvertement école, de lever un drapeau et d'exciter les retentissantes fanfares de la réclame. Au degré de maturité où il est arrivé, il porte volontiers la tutelle de son maître, çt pour beaucoup depersonnes il n'est encore (comme au livret) que l'élève de M. Ingres.
Il s'est absorbé dans le cercle de sa propre activité, asile de paix fermé aux émotions du dehors, produisant sans relâche, se plaisant au calme du labeur quotidien. De là son manque absolu de popularité. Eh bien , je ne pense pas qu'il ait beaucoup à envier au grand nombre des artistes qui sont plus connus que lui, et plus célèbres. Il a le droit d'espérer que la postérité impartiale préférera les réputations honnêtes aux renommées surfaites de l'heure présente, et mettra au-dessus des talents de bile et de sens, les talents issus de l'esprit et du cœur.
Hauteur d'esprit et sincérité morale, telles sont les deux qualités exceptionnelles que révèlent les ouvrages de M. Ilippolyte Fiandrin.
Après avoir indiqué ces sources d'insi»iration fort élevées, on admettra facilement que, pour juger les œuvres du peintre, il ne soit pas suffisant d'y jeter un regard distrait, et que se borner à faire le tour de l'édifice qui les contient, c'est se préparer des chances d'erreur iiiévitables. S'il est bon de se mettre en
garde contre un examen trop rapide, c'est que tout d'abord le procédé de l'artiste paraît ingrat (nous reviendrons 'tout à l'heure sur cette question), et qu'il est nécessaire d'étudier avec lenteur et scrupule ce qui a été scrupuleusement et lentement conçu.
Pour saisir toute la valeur de ces peintures, il faut que le spectateur les laisse agir d'elles-mêmes sur son âme ; il faut aussi qu'il s'en laisse pour ainsi dire imprégner et pénétrer.
Je ne m'attacherai pas à décrire les vingt compositions principales et les quarante figures isolées dont se compose l'ensemble des décorations que M. Hippolyte Flandrin vient d'achever à Saint-Germain-des- Prés. Si je ne croyais plus important de dégager le sentiment général de ce travail considérable, je m'arrêterais spécialement aux quatre ou cinq sujets tout à fait supérieurs dans ce vaste ensemble : le Seigneur rèpr mandant Adam et Eve, Balaam annonçant la venue du Christ, le Passage de la mer Rouge, la Trahison de Judas, Joseph vendu par ses Frères. Ce qui fixerait notre attention d'une façon toute particulière, c'estla grandeur du geste àla fois simple, expressif, et la pureté des attitudes.
Mais, pour être juste, nous ne devons pas dissimuler qu'en renonçant au système d'exécution qu'il avait primitivement adopté, Tartiste a perdu le précieux bénéfice du secours que les fonds d'or prêtaient à sa peinture naturellement froide. Les fonds de couleur crue, les bleus, le? yerts d'un ton sec et mat,
glacent le regard et nuisent à l'effet de la composition. VEntrée à Jérmalem et le Portement de Croix exécutés dans le chœur de la même église, il y a douze ou quinze ans, offrent au spectateur une facilité de comparaison qui ne tourne pas à l'avantage des travaux plus récents.
C'est la frise de Saint-Vincent-de-Paul qui met le mieux enlumière les facultés personnelles de M. Hippolyte Flandrin comme peintre religieux. Là il n'avait pas à sa disposition les ressources d'une composition mouvementée. Chacune des figures qui prend part à cette longue procession exprime le même sentiment; et néanmoins aucune redite ne vient accuser la lassitude de Tinvention. L'or des fonds sur lequel se découpe la silhouette de tous les personnages communique de sa chaleur aux moindres détails, et contribue ainsi à donner une satisfaction relative
à l'observateur légitimement inquiet de l'exécution matérielle.
Pour exprimer l'idée sommaire qui a présidé à ses peintures de Saint-Germain-des-Prés, l'artiste a em- ♦ prunté aux livres saints le verset suivant : t Jésus- Christ était hier, il est aujourd'hui, il est pour tous les siècles. » [Hebr. xiii, 8) ; il a voulu rendre par ces paroles l'éternité du sentiment religieux. C'est la même pensée que je retrouve, peut-être plus vive encore et plus sensible, à Saint-Vincent-de-Paul.
Le propre des conceptions de M. Hippolyte Flandrin (et cela leur donne une valeur inattendue), c'est
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de n'être pas exclusivement catholiques, mais vraiment et profondément religieuses. Il arrive, par la sincérité du sentiment inspirateur, à une telle intensité d'émotion, qu'il agrandit le Vrai catholique pour atteindre au Vrai moral et humain.
Et c'est là Iç triomphe de cet idéalisme consciencieux, éminemment sincère, que ces chastes vierges, ces martyrs portant leurs plaies, ces pieux enfants sont tout différents des comparses de l'empyrée ultramontain : nous sommes, en réalité, forcés d'y reconnaître la belle allégorie de ces âmes mystiques et croyantes qui, même en plein xixe siècle, aspirent vers le monde d^au delà et comptent leurs retards, leurs misères, leurs souffrances de toute sorte, comme les étapes douloureuses vers une immortalité meilleure.
La nomenclature du calendrier romain, où ces figures légendaires ont trouvé un nom, reçoit, du fait de l'artiste convaincu, une interprétation nouvelle et jféconde. Ce n'est. plus l'image étroite d'une série d'individualités douteuses, médiocrement authentiques, rappelant à la mémoire tel ou tel récit merveilleux, telle anecdote apocryphe; c'est un symbole touchant, enfanlé par une intelligence hardie; c'est le symbole, je dirais volontiers le poème de la résignation et de l'amour divin.
Si nous nous appliquons à étudier, au point de vue de la pratique seulement, les résultats obtenus par cette forte inspiratiQU, il faut nous résigner aux
légères déceptions que nous avons déjà laissé soupçonner. On s'étonne, à juste titre, que le praticien retrace d'une manière vague, fluide, inconsistante, des conceptions le plus souvent très-vives et d'un caractère franc et accentué. Il y a donc contradiction flagrante entre le travail de la pensée et celui de la main. C'est là une énigme qu'il serait intéressant d'éclaircir et de résoudre. Les peintres contemporains nous ont habitués à des surprises d'une nature tout opposée. Nous sommes aujourd'hui familiarisés avec cette triste alliance d'une prodigieuse habileté manuelle couvrant le néant de la pensée, décelant l'absence d'une direction supérieure, celle du cerveau. Ici notre curiosité est piquée par la manifestation de tendances contraires. Nous assistons au spectacle imprévu d'un esprit qui étreînt avec chaleur le sujet qu'il a adopté ou accepté, qui le mûrit lentement, qui cherche dans la sincérité de sa conscience et finit par trouver la formule de ce sujet dans son sens le plus large, pleine de relief et de vie; et ce point important une fois fixé, cette formule étant acquise, nous voyons la main flotter indécise et la brosse du peintre émousser, comme à plaisir, les arêtes vives de cette création , frappée intérieurement avec la netteté d'une médaille.
Dire quie, chez M. Hippolyte Flandrin, les indécisions du talent proviennent de la mollesse même du coup de pinceau, — ce qui est vrai, — ce serait tout simplement poser en d'autres termes le problème qui
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nous occupe. Ce qu'il nous importe de distinguer, c'est le secret motif en vertu duquel l'ouvrier se refuse à exprimer ce que la pensée maîtresse avait conçu de plus vigoureux. Si l'artiste ne s'était jamais mesuré avec la réalité, si nous pouvions ignorer qu'il est maintes fois sorti de la lutte vraiment en dominateur, peut-être aurions-nous le droit de suspecter chez lui la faculté d'exprimer jamais d'une façon précise sa manière de comprendre les objets extérieurs : la nature et Thomme. Nous n'aurions affaire qu'à un talent distingué, doué de louables aspirations, mais évidemment incomplet ; et tout éloge dépassant cette mesure serait outré. A moins de se rendre coupable d'une injustice notoire, il n'est donc pas permis de nier le côté réaliste du talent de cet artiste, qui a fait, entre autres, deux portraits si vivants et puissants, celui du prince Napoléon (Salon de 1861), et celui de la hwm Fille à V œillet (1859). Nous sommes également tenus de rejeter toute présomption de parti pris, d'imitation archaïque, éiigée en système, à l'exemple des préraphaélistes anglais, d'Orsel et de Perin, en France; Thonnêteté du peintre doit nous faire bannir tout soupçon de charlatanisme.
Cette mollesse et cette indécision ne se montrant sous le pinceau de M. Hippolyte Flandrin que lorsqu'il aborde les sujets religieux, nous devons en conclure que, s'il succombe, c'est devant la réalisation de ce qu'il a entrevu et rêvé, devant la grandeur
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même de son idéal. L'esprit a visé si haut que Toulil se dérobe et refuse le service.
Vivant beaucoup de la vie intérieure, nature rêveuse portée plutôt à la méditation qu'à l'action, Fauteur des peintures de Saint-Vincent-de-Paul et de Saint-Germain-des-Prés estime peu, n'estime pas assez l'œuvre matérielle. Aussi ai-je appris, sans en être étonné, qu'il avait confié à quelques élèves l'exécution définitive d'une partie des cartons qu'il avait composés pour cette dernière église *. Il renonce, assurément sans qu'il y ait profit pour son œuvre, à la pratique, qu'il croit insuffisante entre ses mains, parce qu'elle ne répond pas à l'ambition de son esprit.
Il manque donc à M. Hippolyte Flandrin un peu de cet orgueil du métier que la plupart des peintres poussent au delà des limites raisonnables, et qui les aveugle trop souvent sur la valeur réelle de leurs productions. Un seul grain de cet orgueil tombé dans une organisation si heureusement douée, au point de vue des qualités morales, eût certainement suffi à lui faire déployer un prodigieux talent.
i Les cartons que M. Hippolyte Flandrin s'est borné à composer et qu'il n*a pas mis lui-même à exécution sont ceux du côté droit, le plus mal éclairé de l'église Saint-Germaindes-Prés. Ils ont été exposés au boulevard des Italiens. M. Flandrin ayant peint sur place le côté gauche de l'église n'a pas fini aussi soigneusement les cartons des sujets qui le décorent : ils n'ont donc pu figurer avec les autres à l'exposition du boulevard, où on les eût étudiés plus à loisir.
En dépit de ce que nous avons dit des défaillances de la main, n'avons-nous pas vu ces peintures, par la seule magie des vertus secrètes, triompher d'un coloris aigre, faux, et provoquer les plus vives émotions esthétiques! Ne touchent-elles pas au but le plua noble que l'art puisse se proposer : l'expression de la vérité !
Si la vérité plastique est parfois discutable dans les œuvres de M. Hippolyte Flandrin, jamais la vérité morale n'y est enfreinte. Elle y brille trop souvent aux dépens de l'autre, et c'est là que la critique doit poser ses réserves ; mais celle-ci n'en est pas moins autorisée à affirmer que le culte de la réalité matérielle est et sera toujours radicalement impuissant à susciter des œuvres d'un caractère aussi exquis et aussi durable. De semblables dons sont uniquement réservés aux artistes épris de sincérité et poursuivant sans trêve leur idéal.
Nous ne saurions admettre que l'idéalisme en peinture entraine nécessairement le dédain de la réalité. Si par son procédé de coloris, M. Hippolyte Flandrin a paru donner raison à ceux qui ont intérêt à soutenir cette thèse, il faut regretter l'erreur de M. Flandrin, mais non en lui-même coûdamner le principe de TidéaUsme dans les arts. Un fait particulier ne peut servir d'argument valable contre la vérité et la largeur du fait général.
L'idéalisme soutenu par de fortes études pratiques est la seule voie où les artistes puissent trouver une
interprétation pour tous les besoins esthétiques de l'âme humaine. Le réalisme, au contraire, tel qu'on essaye de l'imposer aujourd'hui, en rejetant formellement toute inspiration idéale, se condamne par cela seul aune paralysie partielle. Il se prive volontairement d'une des plus belles prérogatives de Tartiste, celle qu'à défaut d'autre mot on appelle création, c'est-à-dire, au moyen des phénomènes extérieurs, lezpression des sentiments intimes.
Il est nécessaire d'insister sur ce rapprochement contradictoire entre l'idéalisme et le réalisme, à l'heure où un peintre qui se fait proclamer avec emi phase « rélève de la nature » revient avec une nouvelle insistance sur les théories que nous avons déjà combattues ^ Cette fois il a recours à la plume com^ plaisante d'un écrivain habile à composer de jolies fantaisies sur l'art et surtout à propos d'art. Ce poète, ce virtuose du parlage esthétique, M. Castagnary, a repris le thème du peintre, il l'a éclairci et enrichi de Unes broderies littéraires ; mais le fond reste identique; et, puisqu'on nous a fait Thonneur de nous nommer % c'est du fond seulement que nous nous occuperons,
fin rendant hommage au talent de M. Courbet et à l'utilité de sa tentative, nous avons obéi à la même inspiration qui nous fait encourager les tendances
. I Voir à V Appendice f Note F. La lecture de cette note eit nécessaire à riDtelli^ence de la page qui suit. ' * Courrier du Dimanchet numéro du 26 janvier 1862.
mahifestes de la toute jeune école vers Tart de Van der Helst et du grand maître, de Rembrandt. Depuis tantôt vingt ans, la peinturé française est en proie à ime telle anarchie, à une telle confusion des genres, des méthodes et des procédés, elle est tellement déroutée et marche si évidemment à tâtons, sans prin* cipes, sans but et sans caractère, que le devoir de la critique est de signaler avec joie toute apparence de vigueur fût-elle accompagnée de partis pris exclusifs. Tout d'abord, laissons le caractère de l'école nouvelle se dessiner, s'accentuer nettement, et déjà nous aurons acquis un important résultat.
A mesure que ces tendances produiront leurs effets en se marquant davantage, le débat poiu*ra s'ouvrir, et nous aurons sur .les œuvres mêmes à indiquer nos dissidences. Pour le moment, il est urgent de sortir à tout prix de la fantaisie anarchiste, et c^est comme pouvant contribuer à cet objet, que nous avons quelque confiance dans le nouvel atelier du peintre d'Ornans. N'eût-il que cette influence de rendre un peu d'esprit de corps et d'unité à une grande partie de la famille artistique, il aurait déjà bien mérité de celleci. Avouons-le, cependant, si nous acceptons le professeur, c'est avec l'espoir qu'il sera promptement ^ dépassé par ses disciples, ses « collaborateurs. » Son enseignement professionnel sera utile surtout parce qu'il est d'accord avec le penchant naturel de la jeune génération; aussi ne protestons-nous que pour la forme contre son enseignement théorique. Il ne lui
sera certainement pas donné, en effet, d'étouffer le sentiment individuel,et les esprits élevés qui recevront ses leçons auront à leur disposition un bon instrument, sans avoir rien perdu de cette élévation native. Si M. Hippolyte Flandrin avait ajouté à ses qualités très-rares une plus grande décision en face de la vérité plastique, ses peintures murales auraient réalisé ce que nous attendons de la jeune école, et c'est de cette façon que celle-ci dépassera son maître exclusivement réaliste. Je dis qu'elle le dépassera, et .au moment où nous écrivons, peut-être est-ce déjà fait. J'ai signalé une peinture d'un jeune homme, peinture qui a été exposée au boulevard des Italieas. Si M. Courbet a visité cette exposition, je n^oserais répondre qu'il n'y ait pas trouvé telle étude d'homme^ signée d'un autre nom, également nouveau, qui n'ait pu lui donner à réfléchir, et comme métier et comme expression. Il y avait là une grande puissance de réalité jointe à une perception singulière et profonde de l'idéal moderne, et je ne serais point étonné que l'un de ces deux jeunes gens*, ou tout autre, trouvât, en dehors et en dépit de M. Courbet et de son complaisant critique, « une langue que la société entendra, » comme M. Flandrin a trouvé une formule personnelle de l'idéal religieux. La clef de cette découverte sera la même qui a déjà servi au dernier : Tardente sincérité.
t MM. Caroius Duran et Fantin Latour.
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La sincérité, voilà le sentiment qui a presque entièrement disparu de l'art français après Técole de Louis David, et à l'absence duquel il faut rapporter rinconsistance du romantisme et du mouvement confus qui lui a succédé. David, Géricault furent sincères, et après eux M. Hippolyte Flandrin Ta été; il doit à cette vertu l'incontestable valeur de ses œuvres. '
Lorsque Ton considère Thonnéteté de ce talent et qu'on le compare à la fièvre malsaine de tant d'autres peintres contemporains, on est bien tenté de donner absolument gaiu de cause au calme des œuvres vraies et sincères. Et répétons, à ce propos, que c'est sur la sincérité, telle que Ta pratiquée moralement M. Hii>polyte Flandrin; mais sur la franchise du talent, jointe à la sincérité de l'esprit, que nous devons fonder nos espérances pour l'avenir de l'art français. S