‹ Les Chemins de Fer AlgériensChapitre 2 sur 67 · I. — DE L'ORIGINE A · texte numérisé non relu

I. — DE L'ORIGINE A

Les Romains avaient établi dans le Nord de l'Afrique un vaste réseau de routes dont la principale unissait Carthage à Tanger ; d'autres voies de communication partaient de la mer pour aller rejoindre la grande artère, reliant ainsi entre elles toutes les villes et les rattachant aux postes militaires de l’intérieur.

Au moment de la conquête française, il ne restait guère que des vestiges de l’œuvre accomplie en Afrique par les Romains et les routes avaient été remplacées par des sentiers étroits qui suffisaient aux besoins des indigènes et où ne passaient que des cavaliers, des piétons ou des bêtes de somme. À quelques rares exceptions près, les cours d’eau étaient traversés à gué.

Le premier soin de l'administration militaire, afin d’assurer d’une façon efficace et durable la paisible possession du pays, fut de sillonner l'Algérie de nombreuses voies de communication qui lui apparaissaient comme un des moyens les plus puissants de dominer, civiliser et coloniser le pays.

Mais on s’aperçut rapidement que dès qu’on s'éloignait du littoral, les frais de transport par route étaient trop élevés et que l’exportation de ce qui excédait les besoins de la consommation locale était souvent impossible. Les céréales, les produits agricoles de toutes sortes qui sont encore le principal élément de la richesse de l’Algérie rencontrent sur les marchés métropolitains la concurrence de produits similaires venus de contrées plus favorisées. C’est ainsi qu'en 1668, au moment où se poursuivait la grande « Enquête sur la situafion et les besoins de l'Agriculture en Algérie », les prix de transport d'Aumale à Alger (123 kilomètres), ne descendaient pas au-dessous de 4o francs la tonne et atteignaient parfois 8o francs. Aussi à une époque où l’on commençait à peine à soupçonner le rôle considérable que les chemins de fer étaient appelés à jouer en France, on avait compris, en Algérie, l’influence qu'ils auraient nécessairement sur le développement d’un pays neuf qui devait tirer de la Métropole tous les produits manufacturés dont il avait besoin, et exporter, en échange, l’excédent de sa production.

PROPOSITIONS DIVERSES POUR LA CRÉATION DE CHEMINS DE FER. — Dès 1844, avant même que la pacification de l’Algérie ne fût complètement assurée, M. de Redon proposait d'établir un chemin de fer d'Alger à Blida. Plus tard, MM. Lacroix, appuyés par un groupe de capitalistes anglais et allemands, MM. Gladstone, Hankey, Hope de Londres ; MM. Erlanger, Goldschmidt, de Haber et Koenigwarter, de Francfort, avaient présenté un projet de chemin de fer de Stora et Philippeville à Constantine auquel ils avaient joint un projet de port à Stora. Ce chemin de fer devait être prolongé ultérieurement jusqu'à Sétif d'un côté et Batna de l’autre.

M. Goubé s'était occupé de diverses lignes aboutissant à Oran, l'une partant de l'Hillil et de Mostaganem ; l’autre de Tlemcen. Comme MM. Lacroix, il demandait une garantie d'intérêt de 5 °/ et des concessions de terre.

Enfin, en 1854 MM. Warnier, Rance, Delavigne, Mac-Car-

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