RÉSEAU ORANAIS DE L'ÉTAT
| n | STATISTIQUE 1880 1891-92 | 1901-02 | 1912-1913 | DES TRAINS DE VOYAGEURS kilom. kilom. kilom . kilom. exploités : | exploités : | exploités : exploités ; | OU MIXTES 471 651 105 968 Parcours kilométrique des trains de voyageurs ou mixte sur l’ensemble du LÉSOAU EL codes 249.660 | 437.780 | 923.712 | 1.424.898 Nombre de trains quotidiens ramenés à Ja distance | CITÉE EN nr se 2 2 2.9 3.4 3.9 Nombre de trains de chaque sens allant chaque jour de bout en bout sur la ligne principale (Arzeu- | UE ee PR NME | 2 À | 1 3 Nombre de trains de section SUTICOLEN LIENS ee. » 7 12 24 Durée du trajet d'Arzeu à | Sad Leman 8 h. 8 h. 10 ! 6h 40 6 h. 25 Vitesse commerciale du | train le plus rapide. ... |[21kil.500! 21 kil. 25 kil. 6| 27 kil. EsT-ALGÉRIEN. — Lors de l'ouverture de la ligne d'Alger à
Constantine à l'exploitation, le 3 novembre 1886, la situation était la suivante : Un train de jour partant d'Alger à 5 heures du matin, arrivait à Constantine à 11 h. 31 m. du soir. Dans le sens inverse le train de Constantine partait à 5 h. 22 du matin pour arriver à Alger à 11 h. 35 du soir. La vitesse commerciale de ces deux trains était de 25 et de 25 kil. 5 à l'heure.
Quatre trains de section allaient d'Alger à Ménerville, d’AIger à Bouïra, de Constantine à Sétif, de Constantine à El- Guerra et vice-versa.
La Compagnie de l’Est-Algérien ne s'était d’ailleurs guère préoccupée de combiner ses horaires de façon à assurer la cor-
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respondance de ses trains à Maison-Carrée avec les trains de la ligne d'Alger à Oran et ce n’est qu’à la fin de 1890 qu'elle prit les dispositions nécessaires pour que les voyageurs pussent passer sans trop de difficultés, d’un réseau sur l’autre. Lors de la révision des horaires de 1899 la Compagnie de l’'Est-Algérien proposa un certain nombre de modifications qui améliorèrent sensiblement la marche de ses trains.
CRÉATION D'UN TRAIN DE NUIT. — Pendant l'hiver de 1895 à 1896 la Compagnie de l’Est-Algérien créa un train hebdomadaire de nuit à marche accélérée, entre Alger, Sétif et Constantine; cette expérience fut faite dans des conditions qui devaient conduire à un échec. Aussi, tout en approuvant la marche de ce train, le Gouverneur fit-il les plus expresses réserves sur les conséquences que la compagnie pourrait ultérieurement tirer des résultats de cette tentative. Ces résultats furent à peu près nuls ce qui ne surprit personne, la compagnie moins que tout autre. Néanmoins, le Gouverneur n'hésita pas à inviter, le 11 février 1898, la Comipagnie de l'Est-Algérien à suivre l'exemple de la Compagnie de la Méditerranée et à étudier la création d'un train hebdomadaire de nuit d'Alger à Constantine. Le 3 mars 1898, la compagnie répondit qu'il n’y avait suivant elle, aucune parité à établir entre les lignes d'Alger à Oran et d'Alger à Constantine au point de vue de la marche des trains parce que le trafic voyageur était beaucoup plus élevé sur la première de ces lignes que sur la seconde. Elle constatait que le trafic voyageur de la ligne de Constantine allait chaque année en diminuant et loin de conclure, comme on aurait pu s'y attendre, que cette diminution était peut-être imputable à une mauvaise organisation de son service de trains, elle se bornait à prendre l'engagement de créer un train à marche rapide dès que la recette kilométrique voyageurs atteindrait 5.000 francs, c’est-à-dire lorsque la recette kilométrique totale s'élèverait à 11.000 francs environ. Elle était de 8.140 francs en 1898, c'était renvoyer à une époque probablement lointaine l'amélioration demandée.
Le Directeur du Contrôle, M. Forestier, appelé à donner son avis sur les objections de la compagnie fit observer qu'on n'admettrait jamais que ce qui peut être utile sur la ligne d'Alger à Oran ne le fût pas sur la ligne d'Alger à Constantine. Il proposa, en conséquence, d'inviter la Compagnie de l’'Est- Algérien à mettre à l’étude la création d'au moins un train de nuit hebdomadaire rapide. Cet avis fut adopté par le Gouverneur et le 30 juillet 1898 une décision en ce sens fut notifiée à la compagnie. La compagnie ne répondit que le 11 janvier 1899 à la communication du 30 juillet 1898. Elle annonça son intention de créer un train hebdomadaire de nuit pendant l'été de 1899. Mais en même temps elle protesta contre le maintien de ce train durant l'hiver.
Pendant que la Compagnie de l’Est-Algérien traînait ainsi les choses en longueur, la question des trains de nuit d'Alger à Oran était résolue sur la ligne de la Compagnie P.-L.-M. par la création de trains tri-hebdomadaires en navette correspondant à Alger avec l’arrivée et le départ des paquebots rapides. Ces trains eurent bien vite un grand succès auprès du public voyageur, notamment en été.
Dès lors, la création de trains de nuit sur le réseau de l’Est- Algérien était inévitable : le Conseil supérieur de l'Algérie la demande dans sa première session de 1899; le Gouverneur général, après avoir pris l’avis du Comité consultatif des chemins de fer, invite le 29 août 1899, la Compagnie de l’Est- Algérien à créer non plus un train hebdomadaire mais un service de trains tri-hebdomadaires en correspondance avec les services rapides des paquebots d'Alger. À cette décision, le président du Conseil d'Administration de la Compagnie de l’'Est-Algérien répondit par une lettre du 25 septembre 1899 dans laqueile il rappelait toutes les considérations que sa compagnie avait fait valoir précédemment pour démontrer l’inutilité des trains de nuit sur une ligne où la recette kilométrique et le mouvement des voyageurs sont faibles et où il faisait valoir les arguments tenant, d’une part, à l'instabilité de la voie et, d'autre part, à l'insécurité des régions traversées
par la voie ferrée, pour repousser définitivement dans les termes ci-après la demande de l'Administration. (1).
« Ces trains de nuit d'hiver, sur la ligne d’Alger à Constantine, que la Chambre de Commerce de Constantine déclare inutiles, la compagnie les déclare extrêmement dangereux, et s'oppose de toutes ses forces à ce qu’ils soient mis en marche. Notre conviction à cet égard est si profonde que des mesures de coercition violente pourraient seules briser notre résistance. Si l'Administration supérieure usait de ces moyens, ce serait sur elle et non plus sur nous que pèseraient, en cas d’accident, les responsabilités encourues. »
Les nouvelles objections de la compagnie furent communiquées au Directeur du contrôle des chemins de fer algériens et en même temps la compagnie fut priée de maintenir jusqu’à nouvel ordre le train de nuit hebdomadaire qu'elle avait fait pendant l'été de 1899.
La compagnie répondit, le 5 octobre 1899, qu’elle avait le regret de ne pouvoir se conformer à cette décision.
Enfin, après examen des objections de la compagnie et conformément à l'avis du Directeur du contrôle, la compagnie fut formellement invitée, le 30 octobre 1899, par la lettre suivante, adressée à ses administrateurs, à créer entre Alger et Constantine les trois trains de nuit prescrits par la décision précitée du 29 août 1899.
« À la suite de la correspondance échangée entre votre compagnie et mon administration au sujet de la création de trains de nuit entre Alger et Constantine, j'ai, le 9 août dernier, invité votre compagnie, conformément à l'avis du Comité consultatif des chemins de fer, à établir toute l’année, entre les deux villes précitées, un service de trains de nuit tri-hebdo-
(1) Déjà en 189», pour une affaire analogue, la Compagnie de l’Est- Algérien était entrée en conflit avec le service du contrôle et le Ministre des Travaux publics. Ce conflit s'était terminé à son avantage et le Ministre des Travaux publics, Viette, avait capitulé devant les prétentions de la Compagnie.
madaires en correspondance avec les services rapides des paquebots transatlantiques d'Alger à Marseille.
« En réponse à cette dépêche, vous m'avez soumis, par lettre du 25 septembre 1899, vos objections à cette mesure.
« J'ai examiné avec soin ces objections et j'ai le regret de vous faire connaître que je ne puis m'y arrêter.
« En ce qui concerne l'insécurité de la ligne, il est à remarquer que votre compagnie a organisé cet été des trains de nuit qui n'ont occasionné aucun accident spécial ; qu’elle a même établi, proprio motu, pendant l'hiver 1895-1896 un train hebdomadaire de nuit à marche accélérée qui n’a pas été plus périlleux et qu’un grand nombre de trains de voyageurs et de marchandises circulent déjà de nuit sur la dite ligne.
« Je ne puis dès lors que maintenir ma décision.
« En conséquence, je vous invite formellement à créer trois fois par semaine entre Alger et Constantine un train de nuit dans les conditions indiquées par ma dépêche sus-visée du 29 août dernier.
« Comme conséquence de cette mise en demeure je n’approuve le projet d’horaire que vous m'avez soumis, le 18 juin dernier, que pour la période à courir du 1°” novembre au 1 décembre 1899, époque où le nouvel horaire que vous aurez à me soumettre en vertu de la présente décision sera mis en application.
« Le Gouverneur Général,
« En. LAFERRIÈRE. ::
La compagnie effrayée sans doute des conséquences pénales (1) de sa résistance au cas où elle n’obtempérerait pas à cette mise en demeure s’exécuta et proposa le 27 janvier 1900 les trains qui lui étaient demandés. Ils furent mis en marche
le 5 mars 1900.
(x) Ordonnance du 15 novembre 1846, article 79. Loi du 15 juillet 1845,
article 21.
Cette organisation dura jusqu’au rachat du réseau de l’Est- Algérien.
Le premier soin de la nouvelle administration de l’Est-Algérien, lorsqu'elle prit possession — après le rachat — des lignes exploitées par cette compagnie fut de rendre quotidiens les trains de nuit à partir du1° décembre 1908.
En même temps l'Administration des chemins de fer de l'Etat adjoignait aux trains de jour circulant entre Alger et Constantine un wagon-restaurant. Cette amélioration, que la Compagnie P.-L.-M. avait réalisée sur la ligne d'Alger à Oran dès le 22 novembre 1890 avait été vainement réclamée à la Compagnie de l’Est-Algérien.
L'acquisition par l'Administration du réseau de l’Est-Algérien de nouvelles voitures très confortables lui a permis de réaliser à partir du 1° juin 1912 de très considérables améliorations. La vitesse des trains de jour et de nuit a été sensiblement augmentée grâce à la création d'un train qui a permis de décharger ces trains du service de la messagerie.
Le tableau ci-après résume les principales données des horaires des trains de l’Est-Algérien à différentes époques et permet de se rendre compte des progrès réalisés grâce à la substitution d’une exploitation rationnelle à l'exploitation forfaitaire.