COMPAGNIE DE L'OUEST-ALGÉRIEN
La compagnie, voulant établir une liberté plus grande tant pour elle que pour son personnel au point de vue de son recrutement ou de son départ éventuel, a constitué, à la date du 30 juin 1895, une Caisse de Prévoyance à laquelle les
(1) Les propositions faites par l'éminent inspecteur général des mines, M. Beaugey — qui dirigeait alors le réseau français de l'Etat — et par son collaborateur, M. Viennot, pour relever la situation matérielle et morale du personnel des réseaux achetés de l'Algérie, trouvèrent toujours auprès du Gouverneur, M. Jonnart et, plus tard, auprès de son successeur, M Lutaud, le plus bienveillant accueil. te
agents admis depuis cette époque sont tenus de participer sans qu'il leur soit imposé à l'entrée une limite d'âge; les candidats peuvent, par suite, être admis à l'Ouest-Algérien à partir de l’âge de 18 ans jusqu'à 30 ans, et pour les militaires libérés jusqu'à 35 ans, et très exceptionnellement au delà de cet âge lorsqu'il y a intérêt, pour le service, à le faire. Cette disposition devrait être modifiée si une caisse de retraites venait à être substituée à la Caisse de Prévoyance actuelle. Dans ce dernier cas, l'Ouest-Algérien devrait adopter les règles d'admission des autres compagnies.
Des indemnités de résidence sont accordées dans les localités où la cherté des logements et des difficultés d’approvisionnement ont fait juger cette mesure nécessaire.
Pendant les interruptions de service résultant de maladies régulièrement constatées, les agents peuvent recevoir la moitié de leur traitement et, dans certains cas, la totalité, sur l'autorisation du Directeur des services, et pendant go jours.
Lorsque l’agent a plus de 90 jours d'absence pour maladie, dans le courant d’une année, la demi-solde ou la solde entière peut être prolongée par le Conseil d'Administration.
Les médicaments sont fournis gratuitement aux agents ayant un traitement inférieur à 3.000 francs par des pharmaciens agréés par la compagnie.
La compagnie prend égalemient à sa charge les frais d’hospitalisation, lorsqu'il y a lieu.
I est accordé à tous les agents commissionnés, auxiliaires payés à la journée mais ayant au moins 3 ans de présence à la compagnie, une indemnité pour cherté de vivres qui varie de 22 fr. 50 à 5 fr. 85 par mois, suivant les cas.
Une allocation spéciale de 100 francs est accordée à tous les agents, au moment où ils sont décorés de la médaille d'honneur du travail.
Il est alloué 300 francs aux agents commissionnés, et 150 francs aux agents auxiliaires ayant au moins 2 ans de service à la compagnie, au moment de leur mariage.
Une indemnité peut être accordée aux agents indigènes au
moment de leur mariage, mais la question est spécialement examinée dans chaque cas particulier.
Une allocation de 100 francs est accordée aux agents commissionnés, et pour chaque enfant, au moment de sa naissance.
Les agents auxiliaires employés à la compagnie à titre permanent et ayant au mfoins 6 mois de service reçoivent dans les mêmes circonstances, une allocation de 60 francs.
Tous les agents dont le traitement annuel ne dépasse pas 2.100 francs et qui ont à leur charge plus de 3 enfants (ou parents assimilés) reçoivent un secours de 48 francs par an et par enfant (ou assimilé) au delà de ce nombre.
Les âgents et ouvriers commissionnés peuvent obtenir tous les ans un congé de 20 jours à solde entière; ils ont même la faculté de cumuler ce congé de »0 jours, tous les deux ans, lorsqu'ils viennent en France pour raison de santé.
Un congé annuel de 12 jours peut être accordé, dans les mêmes conditions de solde et de cumul, aux agents auxiliaires et aux ouvriers occupés à la compagnie d’une façon permianente depuis un an,
CoMPAGNiE BÔNE-GUELMA
Au cours des 5 dernières années (1906-1911), la Compagnie Bône-Guelma a fait des efforts suivis et considérables, selon un programme méthodique dont l'exécution est en voie d'achèvement, pour améliorer la situation de son personnel; elle à accru ses garanties statutaires, elle a relevé le taux des salaires, principalement des plus bas, elle a créé enfin en supplément de ces salaires des indemnités variées, qui tiennent compte des charges d'existence de chacun de ses agents.
La compagnie à pris, en faveur des agents qui entrent à son service un ensemble de mesures qui les garantissent contre tout arbitraire. |
Si l'agent répond à son emploi, il est classé dans un délai que la compagnie s'efforce de réduire progressivement.
Une fois classé, il fait partie du cadre permanent de la compagnie et ne peut perdre son emploi que dans les cas limitativement déterminés par les réglements.
Mais qu'il soit classé ou embrigadé, ïl jouit des garanties accordées à tout agent sous le coup d’une peine disciplinaire grave pour la présentation écrite ou orale de sa défense.
Son avancement est assuré : il a la certitude d’être promu à une classe supérieure, classe déterminée par une échelle de traitements rendue publique, dans un délai qui ne peut excéder cinq années.
Son traitement ne subit d’autres retenues que les versements réglementaires pour la retraite : depuis plus de trois ans toute amende pour faute de service a été abolie par la compagnie.
En cas de maladie, il reçoit gratuitement les soins du médecin de la compagnie : plus libéral que la loi française des accidents du travail, le règlement de la compagnie prévoit la solde entière même à la suite d'accident imputable à l’intéressé.
Un très gros effort financier a été fait par la compagnie pour relever les salaires de toute classe de son personnel, principalement les salaires de début.
Par trois fois des sommes considérables ont’ été affectées à ces relèvements : 107.000 francs en 1907, 200.000 francs en 1909, et 75.000 francs en 1911, soit au total plus de 380.000 francs en D ans comme supplément annuel de dépenses.
Les salaires de début supportent la comparaison avec ceux des administrations locales et même des compagnies métropolitaines : pour plusieurs emplois ils leur sont supérieurs.
Un mécanicien débute au Bône-Guelma à 1.800 francs, comme à l'Etat ou à l'Est français ; un chauffeur à 1.500 fr. (Etat métropolitain : 1.350 francs. Est français : 1.500 francs).
Un facteur débute au Bône-Guelma à 1.400 francs, à l’Est- Algérien-Etat à 1.300 francs, à l'Orléans à 1.200 francs.
Une. nouvelle échelle qui relève encore un certain nombre de taux de début a été mise en application au 1° janvier 1912.
Quant aux emplois journaliers (ouvriers des ateliers, manœuvres, poseurs de la voie, etc.), un rapprochement analogue s’établirait aisément entre les taux des salaires du Bône- Guelma et ceux de l’industrie privée avec un avantage souvent marqué en faveur de la compagnie.
Au salaire proprement. dit s'ajoutent d’ailleurs, pour les agents de la compagnie, de nombreux accessoires de solde.
Au premier rang viennent les indemnités familiales, 72 francs par an et par enfant de moins de 16 ans, attribué dès le premier enfant aux agents dont le traitement annuel ne dépasse pas 3.000 francs.
Des indemnités de résidence pour cherté de vie ou insalubrité; |
Des indemnités de logement ou dégrèvements de loyer;
Des gratifications de fin d'année pour le personnel jusqu’au grade d’inspecteur ;
Dans les dernières années, l'augmentation des dépenses de personnel a été beaucoup plus rapide que l'accroissement de l'effectif : à grade égal un agent gagne sensiblement plus aujourd’hui qü'il y a trois ou quatre ans.
Une réglementation très libérale des congés — quant à la durée et quant au paiement — a été mise en vigueur au 1° janvier 1912. |
En tenant compte des repos périodiques déjà réglementés par voie administrative, on constate que les mécaniciens et chauffeurs jouiront annuellement de 97 jours de repos, les conducteurs de 45, les chefs de gare, chefs de station, facteurs-chefs de 35, les facteurs, contrôleurs, receveuses, poseurs, aiguilleurs, de 33, etc. Des dispositions spéciales viennent d'être prises tout récemment en faveur des agents des gares à service Chargé.
La compagnie possède, outre une caisse des retraites à laquelle participent les agents commissionnés avant 1906, un régime des retraites basé sur l’affiliation à la Caisse Nationale des Retraites pour la Vieillesse, ouvert à tous ses agents classés Où non.
Le versement de l'intéressé est de 5 %, celui de la compagnie de 8, ro ou 12 % suivant la durée de ses services. Congédié à toute époque, même révoqué, le futur retraité conserve l'entier bénéfice de ses versements et de ceux de la Compagnie. |
Le régime en vigueur peut donner, dans l'hypothèse d'une carrière normale, à 50 ans pour un mécanicien, 1.180 francs de pension et 1.100 francs de capital; à 55 ans pour un conducteur, 1.200 francs de pension et 3.000 francs de capital; à 60 ans pour un employé de bureau, 1.200 francs de pension et 10.000 francs de capital.
Les subventions de la compagnie pour les retraites de ses agents se sont montées en 1911 à 4o7.000 francs, contre 137.000 francs de versements faits par le personnel (1).
On trouvera ci-après un tableau qui donne les renseignements que nous avons pu nous procurer sur le nombre d'agents de tous grades attachés aux réseaux algériens de chemin de fer, les dépenses de personnel et les recettes brutes de chaque réseau.
(x) Algérien et tunisien réunis.
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