CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
Mais alors, dira-t-on> pourquoi n'avoir pas donné au foyer la forme cylindrique? Ne sait-on pas que les parois courbes offrent à la pression de la vapeur une résistance plus grande?
Vous allez comprendre la raison de cette préférence. A capacité et à hauteur égales, les parois d'un foyer rectangulaire ont une surface totale plus considérable que celles d'un foyer cylindrique. Supposons la base carrée : cet excès de surface est au moins d'un quart, comme le démontre un calcul géométrique fort simple. Or, augmenter la surface de chauffe, c'est accroître la quantité de vapeur produite en un temps donné, c'est accroître la puissance de la machine.
Arrêtons-nous un instant à cette dernière idée. C'est elle, en effet, qui a décidément élevé la locomotive au rang supérieur qu'elle occupe aujourd'hui dans la hiérarchie des machines.
Préoccupé de la solution de cet important problème — augmente!' la surface de chauffe — l'ingénieur français Séguin a transformé la chaudière cylindrique simple en chaudière tubulaire. Cela nous amène à examiner la disposition parti culière du corps cylindrique.
Voyez-vous ces longs tubes qui en occupent un peu plus de la moitié inférieure? Enveloppés
pour résister à cette pression, un efîort de 720 kilogrammes ; chaque armature du ciel, de 7200 kilogrammes.
d'eau de toutes parts, ils font communiquer le foyer avec la boîte à fumée ; et comme, en passant dans ces tubes, les gaz incandescents lèchent leurs parois intérieures, ils abandonnent de la sorte à l'eau de la chaudière leur haute température. Ingénieuse disposition, qui, dans un espace limité, donne réellement à la chaudière une capacité énorme !
L'eau du corps cylindrique doit baigner tous les tubes, et son niveau dépasser aussi de quelques centimètres le ciel du foyer ; mais elle ne remplit jamais complètement le corps cylindrique luimême. Vous comprenez pourquoi : il faut à la vapeur incessamment formée un réservoir qui la reçoive avant qu'elle se rende aux organes du mouvement.
Voyons maintenant comment s'opère cette distribution de la vapeur.
Toute la longueur du réservoir est occupée par un tube horizontal, percé à sa partie supérieure d'ouvertures où se précipite incessamment le fluide gazéiforme, au fur et à mesure de sa production. C'est le tuyau de prise de vapeur.
Quel est le rôle de ce tube ?
C'est d'éviter l'entraînement des particules liquides, par suite de l'ébuUition tumultueuse qui agite l'eau au-dessus du plafond du foyer : ces particules, en arrivant jusqu'aux cylindres, finissent par être projetées hors de la cheminée sous