‹ Les chemins de fer (volume 2)Chapitre 11 sur 87 · CINQUIÈME PARTIE. - LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. - LA LOCOMOTIVE

forme de pluie et nuisent dans leur trajet à l'action mécanique de la vapeur.

Du tuyau de prise de vapeur le fluide moteur passe dans la capacité d'un petit dôme voisin de la cheminée, et de là enfin, par l'intermédiaire de deux tubes latéraux, descend jusqu'aux cylindres, c'est-à-dire jusqu'aux organes où sa force élastique engendre le mouvement. C'est là que nous allons en étudier l'action.

Voyez-vous à l'avant de la machine, un peu aU' dessous de la boîte à fumée, une capacité de forme cylindrique, à l'intérieur de laquelle se meut un piston muni de sa tige? Si, par un mécanisme particulier, la vapeur est alternativement introduite dans l'une ou dans l'autre des deux chambres qui séparent le piston, si elle en sort successivement et par un mouvement inverse, qu'en résultera-t-il? Un mouvement de va-et-vient du piston et de sa tige, mouvement en ligne droite qu'il s'agit de transformer en un mouvement circulaire .

Vous devinez déjà comment on y parvient; la vue de l'appareil moteur, que vous offre notre coupe longitudinale, achèvera d'éclaircir ce qui pourrait encore vous sembler obscur.

La tige du piston est reliée à une bielle, barre métallique rigide doublement articulée, d'une part à cette tige, d'autre part au bras d'une manivelle formée par un double coude de l'essieu. La

bielle, alternativement poussée et tirée, joue le rôle d'un bras faisant tourner à la fois la manivelle, Tessieu, et les roues que l'essieu porte à chacune de ses extrémités.

Chaque locomotive possède deux cylindres, qui agissent simultanément sur deux coudes du même essieu, mais de telle façon que l'un des coudes occupe la position horizontale, quand l'autre occupe au contraire la position verticale : vous verrez plus loin la raison qui a fait ainsi disposer ces coudes à angle droit, au lieu de leur donner une position parallèle.

Pour terminer cette première et sommaire description, disons que la vapeur, au sortir des cylindres, s'échappe par un double tuyau dans la boîte à fumée : de là par la cheminée elle se répand dans l'atmosphère, sous la forme d'un nuage blanchâtre que sa couleur empêche de confondre avec la noire fumée du combustible.

QU*B8T-0E QU'Um LOCOMOTIVE? (Suite.)

Grille et cendrier. — Nombre et * disposition des tubes de la chaudière; augmentation de la surface de chauffe. — Les tubes rendent la machine inexplosible. — Mécanisme de la distribution; tiroirs, lumières d'admission et d'échappement. — Points morts; disposition des coudes de l'essieu. — Mouvement de la tige du tiroir ; excentrique. — Tirage du foyer produit par l'échappement de la Tapeur; -valves mobiles. — Régulateur à papillon et régulateur à tiroirs.

Quelle est la disposition d'ensemble de la chaudière, c'est-à-dire de l'appareil générateur de la vapeur ;

Quel chemin suit cette dernière, pour se rendre du réservoir aux cylindres ;

Comment enfin le mouvement de va-et-vient des pistons se transmet sous forme de mouvement circulaire à l'essieu des roues motrices;

Voilà ce que vient de nous apprendre le premier coup d'œil jeté dans les entrailles de la locomotive. Mais notre machine mérite un examen plus minutieux, plus approfondi. En procédant à la manière des dessinateurs, qui jettent d^bord sur le papier les contours principaux, puis des

lignes plus étudiées, pour terminer par les traits de détail et les dernières nuances d'ombre et de lumière, nous arriverons, je l'espère, à la claire et complète intelligence de son mécanisme.

Reprenons d'abord l'étude de la chaudière.

Peu de chose nous reste à dire du foyer. Nous verrons tout à l'heure que la porte servant à l'introduction du combustible est pratiquée sur la face d'arrière, à la portée du chauffeur. La grille, à barreaux indépendants, est horizontale dans les machines où l'on brûle du coke, et^^à gradins inclinés, quand le combustible est de la houille. Dans tous les cas, il importe que le mécanicien puisse renverser une partie de la grille, si les circonstances l'obligent à jeter le feu.

Au-dessous de la grille, on dispose le plus souvent une caisse en tôle, ayant pour objet de recueillir les fragments du coke enflammé, les escarbilles que pourraient rejeter au loin les roues de la machine en mouvement. C'est le cendrier : à l'avantage de prévenir les incendies, cet appareil joint malheureusement l'inconvénient de nuire au tirage.

Un mot maintenant des tubes. Ce sont eux, je l'ai dit, qui constituent l'originalité de la chaudière*.

1» Séguin et Stephcnson doivent, dit-on, se partager la gloire d'avoir substitué à l'ancienne chaudière à capacité cylindrique simple le corps cylindrique tubulaire, qui augmente dans une pro-

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