CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
alternatif nécessaire à cette distribution? C'est ce qu'il nous reste à yoir.
Toute la question, je le répète, est d'expliquer le mouvement de va-et-vient du tiroir dans la boîte à vapeur. Eh bien, sachons d'abord que ce mouvement, pris sur l'essieu moteur lui-même, se communique à la tige du tiroir par l'intermédiaire d'un excentrique et de sa bielle. Ce qu'est une bielle, nous l'avons déjà vu tout à l'heure; mais comme je ne parle point à des mécaniciens, bon nombre de mes lecteurs me sauront gré, je pense, de leur dire ce qu'on entend par un excentrique^
Concevez un disque métallique circulaire, solidement fixé à un arbre cylindrique — c'est ici l'essieu moteur — mais fixé de telle sorte que son centre ne coïncide point avec l'axe de rotation. Imaginez maintenant ce disque entouré également d'un collier circulaire, mais mobile autour de lui et muni d'une barre rigide. Vous aurez ainsi ce qu'on nomme un excentrique ^^on collier et sa bielle.
L'essieu moteur vient-il à prendre un mouvement de rotation, l'excentrique tournera avec lui ; mais, en raison de l'inégale largeur qui provient de sa position et de sa torme, il écartera et rapr prochera progressivement le collier de l'axe de l'essieu. De là résulte un mouvement de va-et-vient de la barre excentrique, puis de la bielle articulée
à la tige du tiroir, et enfin de cette tige elle-même.
S'il ne s'agissait jamais que de marcher en avant, un seul excentrique suffirait à produire indéfiniment ce mouvement d'une façon continue, tant du moins que la vapeur affluerait dans la boîte du tiroir. Mais il est souvent utile de rebrousser chemin et de substituer à la marche en avant la marche en arrière : c'est ce que le mécanisme d'un excentrique ne saurait produire seul. Nous aurons bientôt l'occasion de jeter un coup d'œil sur la disposition extérieure de notre locomotive. Je profiterai alors de la circonstance pour essayer de vous faire comprendre comment a été résolu ce problème du changement de marche, au moyen d'un mécanisme particulier, celui de la coulisse.
Achevons maintenant l'examen intérieur de notre machine. Faisons pour cela une nouvelle coupe en travers; mais cette fois suivant l'axe même de la cheminée, c'est-à-dire dans la boite à fumée (fig. H ). Examinons la figure qui en résulte. Qu'y voyons-nous?
D'abord sur la plaque tubulaire d'avant de la chaudière, les orifices des tubes, par où les gaz de la combustion s'échappent de la cheminée» puis au-dessous les deux cylindres, munis latéralement de leurs tiroirs. Les deux tuyaux d'échappement viennent se réunir en un seul, à la base de la cheminée; mais, comme une telle disposition pro-