‹ Les chemins de fer (volume 2)Chapitre 22 sur 87 · CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE. 5S · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE. 5S

Tel est, en peu de mots, l'ingénieux appareil dont rinvention première remonte à Stephenson, et qui porte encore son nom .

La coulisse de Stephenson n'est pas seulement utilisée pour obtenir à volonté le changement de marche de la machine; elle sert encore à modifier la longueur de course du tiroir. Il suffit pour cela d'arrêter, par l'intermédiaire des leviers et des arbres de relcvage, la bielle du tiroir en un point situé à une certaine distance des extrémités de la coulisse, ou, si l'on veut, plus ou moins rapproché de son point milieu. L'amplitude des oscillations devenant moindre pour l'extrémité de cette bielle, on voit que la course du tiroir sera par là diminuée.

Dans quel but, c'est ce que je ne puis me résoudre à passer sous silence. Ici, en effet, il ne s'agit pas d'une de ces questions théoriques qui intéressent la science seule et la pure curiosité des fanatiques de formules; pas n'est besoin pour la résoudre d'analyse transcendante ni d'algèbre; c'est avant tout une question pratique, un problème d'économie, dans toute l'acception *du mot.

mieux la concavité, est tournée vers le cylindre, se nomme coulisse renversée ; la coulisse ordinaire, de moins eji moins appliquée, est tournée vers l'essieu; en outre, c'est elle qui reçoit le mouvement du levier et de la barre de relevage, de manière à présenter l'une ou l'autre de ses extrémités à la lige du tiroir ; mais le principe étant le môme, je n'en dirai pas davantage.

54 • LÈS CitEMtNS DE HH.

Rappelez-vous seulement ce qui se passe dans le cylindre, lorsque le tiroir est placé au point milieu de sa course : vous avez vu qu'alors le piston est à la fin de la sienne, sur Tune ou sur l'autre face du cylindre. Supposons-le au fond, à l'avant : il va maintenant rétrograder, pendant que le tiroir continuera son mouvement dans le même sens, puis en sens inverse, et nous savons par quel mécanisme du tiroir la vapeur sera admise d'un côté et s'échappera de l'autre : à la rigueur, dans la position relative occupée par le tiroir et le piston, il suffirait que les bords du premier fussent précisément d'une épaisseur égale à la largeur des deux lumières pour que le mouvement eût lieu comme nous l'avons décrit plus haut. Mais qui ne sait que, dans une machine, les organes n'ont point une perfection absolue? qui ne sait combien le mouvement finit par altérer une perfection même relative? Si l'égalité dont nous venons de parler existait, le jeu des pièces amènerait bientôt un retard ou une avance à l'admission de la vapeur, lesquels auraient au contraire pour correspondants une avance ou un retard à l'échappement. De là une contrariété dans le jeu de vapeur, une réelle déperdition de force.

Comment parvient -on à faire disparaître ce grave inconvénient? Premièrement, en opérant le montage du tiroir de telle façon que la vapeur

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