TYPES SPÉCIAUX DE LOCOMOTIVES
Les locomotives de monlagne et les machines-tenders. — L'Engerth du Sœmmering. — Locomotive articulée Rarchaert. — Locomotive Fairlie, à deux appareils moteurs. — Types de locomotives américaines.
Tous les types que nous venons de passer en revue, quelque variés qu'ils soient, ont tous pour objet le parcours à grandes distances, sur les lignes ordinaires, et dans les conditions moyennes de pente et de courbure*. Mais le tracé des chemins de fer offre-t-il des courbures de petit rayon, ou de fortes rampes? S'agit-il du service spécial des gares, de l'entrée en gare des trains arrivant, du
1 . c Pendant de longues années, les chemins de fer n'ont été considérés comme possibles que dans les contrées peu accidentées. On n'avait pas songé à les tracer dans des vallées sinueuses et à leur faire franchir des faites élevés. De semblables difficultés n'aiTètent plus personne aujourd'hui, et il faut construire des chemins de fer, quelles que soient les conditions de profil et de plan que l'on rencontre. La machine locomotive a dû obéir à ces exigences nouvelles, et les ingénieurs mécaniciens ont su livrer à l'exploitation des machines répondant à des besoins absolument nouveaux. »
(Jacqmin, Des machines à vapeur ^ tome I.)
CtNQUlëHE PARTIE — LA. LOCOXOTIVE. »6
cliîirgement ou du déchai'gement des wagons tle marchandises, de !a forination des trains de départ? Ou bien encore les trains à remorquer sont-iis d'une faible longuew, comme il arrive pour le service de la banlieue des grandes villes? Dans tous ces cas, on a leconnu la nécessité, ou tout .m moins l'utilité, de locomotives construites suivant des systèmes tout spéciaux. De là les ma-
^^aii
Ines'lenda's (fig. 25) et la locomotive de montagne.
Je n'insisterai pas sur cette dernière, qui n'est autre que VEngerth, avant les modifications nécessitées par son introduction sur les chemins français. On sait qu'Engerth, ingénieur autrichien, u conçu et exécuté un système de machines ayant pour fonction de remorquer les trains, au passage du Stemmering, sur une suite de fortes rampes
reliées par des courbes de petit rayon. Il fallait, pour résoudre le problème, obtenir une très grande puissance de traction sous des dimensions ordinaires, et sans charger les rails outre mesure. On Ta vu : c'est la solidarité établie entre le tender et la machine, c'est par Taccouplement des roues que cette puissance a été obtenue, le foyer ayant pu d'ailleurs atteindre ainsi de grandes dimensions, et la longueur et le nombre des tubes recevoir un accroissement proportionnel. Mais il faut ajouter, pour faire comprendre entièrement l'originalité de la locomotive de montagne, telle qu'elle était construite à l'origine, que les roues du tender et celles de la machine pétaient reliées par un engrenage, disposition qui a été supprimée d'abord dans les Engerth françaises, destinées à desservir des rampes beaucoup moins prononcées que celles du Sœmmering, et qui est maintenant d'ailleurs tout à fait abandonnée.
Quant à la machine-tender, ou locomotive de gare et de banlieue, l'emploi en est devenu général sur la plupart de nos lignes. Et cela se conçoit. Ses dimensions sont assez restreintes pour lui permettre de pénétrer dans toutes les parties des gares de marchandises, à l'aide des plaques tournantes — on a vu combien les grandes plaques sont coûteuses; — de plus, elle offre une grande puissance de traction et de démarrage, ce qui la rend éminemment propre aux manœuvres multipliées.