CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
lion la liberté de glisser sur cet arbre en oscillant dans la bielle. C'est là ce qui permet aux essieux de chaque chariot de prendre la position qu'exige la courbure de la voie; il faut évidemment pour cela que les coussinets dans lesquels tournent ces essieux, au lieu d'être fixés sur le bâti, puissent glisser dans des pièces qui les maintiennent toujours à la même distance du centre de rotation du chariot.
Cette locomotive, qui a fonctionné avec succès sur la ligne de Vitré à Fougères et sur la ligne du Nord, pèse 31 tonnes. Mais dans ce poids sont compris le combustible et l'eau qu'elle porte dans des bâches disposées latéralement. Elle a donc ainsi les avantages des locomotives-tenders.
La locomotive Fairlie est portée aussi par deux trucs mobiles, mais à chacun de ces trucs corres pond un appareil moteur complet. Ce sont deux machines placées pour ainsi dire dos à dos, ainsi qu'on peut le voir dans les deux figures 27 et 28, dont la dernière représente une machine Fairlie disposée à l'américaine. Une même cabine placée au milieu abrite à la fois le mécanicien et le chauffeur, qui ont, celui-ci à surveiller, et à entretenir deux foyers, le premier à prendre en main les organes du mouvement des deux appareils.
Nous donnons ici enfin le type d'une locomotive américaine : c'est le modèle généralement adopté, depuis 1850, sur les chemins de fer des États-Unis,
i'H LES CHEMINS DE FER.
et qui sert aussi bien pour les trains de marchandises que pour ceux des voyageurs. II diffère sous plusieurs rapports des types européens que nous venons de passer en revue. Ainsi les deux roues d'avant, d'un très petit diamètre, sont indépendantes des roues d'arrière, et leurs essieux peuvent prendre une direction oblique à celle des essieux des autres roues. La cheminée a la forme d'un cône largement évasé dont l'ouverture supérieure est recouverte d'un tamis métallique laissant passer vapeur et fumée, mais arrêtant les étincelles nombreuses qui proviennent de la combustion du bois. Cette forme donnée à la cheminée se retrouve dans les locomotives européennes, là où l'économie fait préférer le bois (quelquefois même la tourbe) au charbon.
Signalons encore la cabine du mécanicien qui l'abrite contre les intempéries; l'appareil nommé cow-catcher (ou chasse bœuf), qui écarte le bétail de la voie, et enfin la gTosse cloche que le mécanicien fait sonner quand le train approche d'un passage à niveau*.
i. Voici, d'après Thurslon, les raisons principales des modiflcations introduites aux Étals-Unis dans la locomotive européenne et qui ont engendré le type de la locomotive américaine moderne : tt II fallait nécessairement, dit-il, lui donner une forme telle, qu'elle pût fonctionner elticacemenl et sans danger sur des voies grossièrement établies, mal ballaslées et pressentant souvent des courbes très raides. Aussi l'on constata bientôt que les deux paires de roues motrices accouplées, portant les deux tiers -àtt noids de la machine, le Iruc d'avant et le système des balan-
CINQUlËliE PARTIE. — U LUCOJIOTIVE. 1(17
La partie Ihéorîque et descriptive de ma tâche est terminée. Suffira-t-elle à donner nne idée
Kig, 30. Tipe âet locomnllves des cliemlns de fer des ËlUa-ttiiii.
riairc ot de l;i loromnlive coiisidt'ri'i- à nu point
ciei-s de suspejision, gi-âce auxijueJs le poids lotal est également réparti enire les roues, qucllps que soient la position de la nwchioe et lea in'ègulariti^s du cbemiti, rais^ietil de nos locoinoliies le meiJleur l;pe imoginablo pour les cbemins de fer d'un pajs neur. L'expérience n pi'oufè qu'ulles n'étaient pas moins eiceÛenles sur les voies les meilleures et les mieux étnblies. I.e eka»ie-vache placé en avant poui' écnrter de la voie les olislacles qui peuvent s'y rencontrer, la clorlie cl le puissant sifflet sont aussi des traits caractéristiques de la iii^icliine américaine. I.a rigueur des lemp**les d'iiiver força d'ï adapter le cot ou logetle pour le mécanideii, et l'eniploi du bois comme combuslible a CDndait i imaginer 1« pare-^lîneetlea pour cette clasae spéciale de macbines. Les pentes rapides de ijuelques lignes ont aussi Tait adopter la l/oile à mhlr, qui dépose du sable sur lea rails pour empfclier les roues de paliner. >
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de vue général, et des systèmes variés auxquels le type primitif a donné naissance? Je l'espère. Du moins me suis-je elTorcé d'éviter denx écueils : trop de concision, excès qui, en pai'cille matièi-e, est souvent synonyme d'obscurité, et une prolixité qui n'est de mise que dans les ouvrages spéciaux, écrits pour les hommes du métier.