‹ Les chemins de fer (volume 2)Chapitre 42 sur 87 · LA LOCOMOTIVE EN SERVICE · texte numérisé non relu

LA LOCOMOTIVE EN SERVICE

Qualités physiques et morales exigées des mécaniciens et des chaulfeurs. — Idée sommaire de la conduite de la locomotive en voyage, aux remises, à l'arrivée et au départ. — Nettoyage et réparations. — Nature des accidents qui peuvent arriver aux machine?.

Pour nombre de gens, les locomotives sont encore aujourd'hui un objet de crainte. Ces puissantes machines cependant se laissent gouverner P.vec une docilité qui semblerait tenir du prodige, si Ton ne se rendait pas compte des moyens que leur organisme met à la disposition de leur conducteur. Ces moyens, nous venons de les étudier; il ne nous reste donc plus, pour nous familiariser tout à fait avec elles, que de les voir en activité et de les suivre dans leurs manœuvres de toute sorte.

Je n'apprendrai rien 5 personne en rappelant que la conduite d*une locomotive et de son tender est confiée à deux hommes seuls : le mécanicien et le cliauffeur. J'ajoute seulement que, d'après les règlements, c'est le mécanicien qui est le chef

de la machine, le chauffeur est placé sous ses ordres et sa surveillance; il s'occupe surtout, en marche, de la manœuvre du frein et de l'alimentation du foyer; en remise, du nettoyage. On se fait difficilement une idée, dans le monde des voyageurs, si indifférent d'ordinaire à ce qui l'entoure et le sert, de l'ensemble des qualités physiques et morales exigées, avec raison d'ailleurs, des employés qui remplissent ces deux fonctions. Voici en quels termes d'éminents ingénieurs, excellents juges de la matière, résument ces qualités essentielles du chauffeur et du mécanicien :

« 11 est indispensable de choisir pour mécaniciens des hommes froids, courageux, ayant de la présence d'esprit et un bon jugement : car c'est sur eux, surtout, que repose la sécurité des nombreux voyageurs que porte chaque convoi. De plus, pour bien conduire la machine locomotive, il faut au mécanicien un esprit observateur, de l'intelligence et de l'activité. Enfin la docilité et un dévouement complet, qui fait ne jamais reculer devant aucune des exigences du service, sont également indispensables ; nous ne parlons pas ici de la sobriété et de la régularité de conduite, qui sont des conditions d'une nécessité absolue.

Les chaufleurs doivent présenter les mêmes garanties physiques et morales que les mécaniciens; ils doivent être robustes pour résister

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