CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
force triple, quadruple, décuple... Si, au contraire, la vitesse reste la même, et que le poids entraîné double ou triple, Texpérience prouve qu'alors la force a dû croître en énergie de la même façon, absolument comme dans le premier cas. De ces deux ordres de faits, il résulte évidemment cette conséquence, que d'ailleurs Texpérience confirme :
Quand le poids du mobile et la vitesse varient en même temps d'une façon quelconque, la puissance motrice est constamrûent proportionnelle au produit de la multiplication du poids parla vitesse.
Ainsi les puissances de deux machines peuvent être regardées comme égales, non seulement quand, appliquées à deux trains, dans les mêmes circonstances, elles impriment à leurs masses des vitesses égales, mais encore si, appliquées à deux trains de poids différents, les vitesses différentes sont telles qu'il y ait égalité entre les deux produits du poids par les vitesses*.
A quoi tient la puissance d'une machine? A la
1. Exempte : une locomotive Cramptoa remorque un train de 40 tonnes avec une vitesse de 56 kilomètres à l'heure^ et une locomotive à marchandises, dans les mômes circonstances, remorque un train de 64 tonnes avec une vitesse de 35 kilomètres.
Multiplions 40 par 56 : produit, 2:240 ;
De même, 64 par 35; produit, 2240. Concluons de là que les deux machines développent en ce moment la même puissance, bien qu'elles la manirestent par des résultats fort différents.
Veut-on connaître la puissance des locomotives évaluée en chevaux de force? Voici : fonctionnant dans les mêmes conditions que les machines fixes, les plus puissantes ne pourraient développer un travail supérieur à 20 ou 25 chevaux; mais, grâce à
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quantité de vapeur que sa chaudière peut produire en un temps déterminé, puis à la manière dont s'effectue la dépense de vapeur produite; la capacité des cylindres, la disposition des organes de distribution, de ceux qui règlent la détente, tous ces éléments concourent à utiliser d'une façon plus ou moins complète la force motrice de la vapeur. L'adhérence de b machine sur les rails n'est pas moins importante à considérer, et cette adhérence dépend, tant de la pression exercée sur le rail que du diamètre des roues. L'adhérence comparée à la puissance de traction est-elle trop faible, il arrivera, surtout par les temps humides, que les roues glisseront sur les rails, patineront, comme on àiU et que le démarrage deviendra difficile.
L'expérience a fait voir qu'en imprimant aux roues motrices une vitesse de deux tours par seconde, on obtenait le maximum d'effet utile, en même temps que les meilleures conditions pour la conservation des divers organes. En restant dans ces limites, il sera aisé de comprendre que la force de la machine se traduira en vitesse, quand les roues motrices auront un grand dia* mèti*e; et au contraire en puissance de remoi'quage, si les roues motrices ont un faible diamètre et sont accouplées. Telles sont les machines à
la pression élêvéê de la vapeur et à la vitesse considérable des pistons, leur travail est au moins de 200 à 300 chevaux, dont 150 $ont appliqués au remorquage des voitures;