CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
structeurs français ou anglais, les locomotives au cours moyen de 210 francs les 100 kilogrammes, ce cours montait à 246 francs en 1854 pour s'abaisser progressivement jusqu'à 136 francs. Citons quelques exemples : en 1854, une Engerth pesant 45 770 kilogrammes coûtait 115 000 francs, soit 250 francs les 100 kilogrammes; en 1868, une machine de 59 000 kilogrammes coûtait 53 450 francs ou 137 francs les 100 kilogrammes, une Crampton de 25 790 kilogrammes se payait 59 800 francs en 1854, ou 250 francs, tandis qu'une locomotive mixte de 26 300 kilogrammes ne coûtait plus en 1868 que 55 850 ou 136 francs les 100 kilogrammes. Le prix des tenders s'est abaissé dans la même proportion.
Il est probable que cette diminution provient surtout de l'abaissement des prix de la matière première, la main-d'œuvre ayant plutôt augmenté.
Mais ce n'est pas tout de savoir ce que coûte une machine, il faut encore savoir ce qu'elle consomme et quel est le prix de revient moyen de la traction. Voici qui vous permettra d'en juger.
Un mot d'abord du combustible. Il ne faut pas croire que la quantité de coke dépensée pour un parcours déterminé soit toujours la même : elle varie, non seulement suivant le type de la locomotive, mais encore suivant la machine particulière employée. Une foule d'éléments fort divers influent sur cette consommation : la saison, le climat, la
charge des trains, leur vitesse, le plus ou moins d'habileté des mécaniciens et des chauffeurs, et, chose non moins importante, le profil plus ou moins accidenté de la ligne parcourue ; voilà autant de circonstances qui ne permettent d'établir à cet égard que des moyennes approximatives. C'est d'ailleurs tout ce qu'il nous faut.
Une locomotive Crampton, remorquant 12 voitures, consomme 8 kilogrammes de coke par kilomètre parcouru , dans la saison d'été ; 8 kilogrammes et demi en hiver;
Une locomotive mixte, avec 18 voitures, consomme la même quantité ;
Une Engerth à marchandises, 16 kilogrammes de houille en été, 18 en hiver.
Il faut ajouter que nous supposons ici le combustible de première qualité. S'il s'agit de coke ou de houille impure, la quantité dépensée va jusqu'à 11 kilogrammes pour les machines à voyageurs, jusqu'à 23 kilogrammes pour les machines Engerth à marchandises.
Telles sont les allocations moyennement accordées aux mécaniciens. Elles sont de beaucoup inférieures à celles d'il y a quinze ou vingt ans. Partout, sous l'influence d'une meilleure organisation du service, des perfectionnements apportés à la construction et à l'entretien des machines, et des primes d'économie, la consommation s'est abaissée de moitié, et même de plus de moitié. On