‹ Les chemins de fer (volume 2)Chapitre 55 sur 87 · CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

sections à profil ordinaire, on peut en conclure que, sur les rampes du Sœmmering, la traction d'une tonne de marchandises coûte quatre fois plus c/ier.que sur les sections à profil ordinaire. » . J'ai laissé échapper plus haut le mot primes d'économie.

Voici en quoi consistent ces primes. Sur la quantité de coke ou de houille allouée au mécanicien pour un parcours déterminé, et qui a été reconnue indispensable au travail qu'on veut obtenir, les compagnies ont imaginé d'abandonner une certaine partie de l'économie qu'il parvient à réaliser. En intéressant de la sorte les conducteurs de locomotives à n'user que le combustible strictement nécessaire, elles ont trouvé un double avantage : le premier, de restreindre la consommation, — c'est un résultat qui a été largement obtenu; — le second, d'encourager les mécaniciens à maintenir leur machine dans le meilleur état d'entretien possible; une locomotive mal entretenue consomme beaucoup plus sans fournir un aussi bon service.

Seulement, pour éviter les retards qui pourraient provenir d'une tendance trop prononcée au bénéfice de la prime, il y a en outre une prime d'exactitude pour les mécaniciens dont les convois arrivent à l'heure réglementaire, à trois minutes près en plus ou en moins ; et enfin une retenue de quarante centimes poiir toute minute de retard

au delà de ces délais ^ Sur certains chemins, les mécaniciens sont même passibles du tiers, des amendes que le retard causé aux voyageurs peut faire subir aux compagnies.

Il y a d'ailleurs deux systèmes pour l'institution des primes d'économie, — j'ai oublié de dire que les matières lubrifiantes, huiles, graisses, donnent lieu au même bénéfice, — ces deux systèmes, les voici :

Dans l'un, la quantité de coke allouée est fort près du minimum nécessaire, et le taux de la prime est une forte part de l'économie réalisée, par exemple 40 pour 100. Dans l'autre, au contraire, on donne au mécanicien une plus grande quantité de combustible, mais la prime est proportionnellement plus faible. Je ne sais si d'autres industries avaient adopté déjà, ou ont adopté depuis, cette excellente mesure, qui prévient tout gaspillage, et intéresse à la fois le côté pécuniaire et le côté moral d'une entreprise; mais, à coup sûr, elle mérite d'être généralisée partout où elle est possible.

Pour en finir avec des renseignements, à mon sens très curieux, mais qui rempliraient des vo-

1. Pour regagner le temps perdu par un train, les réglemente autorisent les mécaniciens k augmenter la Titesse dans une certaine mesure. Sur la ligne de Lyon, par eiemple, ils recoiTent alors, pour chaque minute de temp^ regagné» 4, 8 ou 15 centimes, selon qu*il s'agit de trains de marchandises, de trains de Toyageurs ordinaires ou de trains express.

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