‹ Les chemins de fer (volume 3)Chapitre 25 sur 99 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

tant que la vapeur arrivera dans la boîte qui recouvre le tiroir?

Chaque locomotive a deux cylindres, symétriquement placés par rapport à Taxe de la machine. Ce que j'ai dit de l'un s'applique à l'autre. Seulement, par une disposition particulière, les deux pistons occupent à chaque instant des positions opposées, et leurs mouvements sont toujours de sens contraire dans les deux cylindres. On en va voir la raison dans un instant.^

Telle est la partie principale de l'appareil moteur : je laisse pour le moment beaucoup de détails.

Le mouvement produit, mouvement en ligne droite et alternatif, vous avez déjà vu comment la locomotive l'utilise pour la rotation de ses essieux et de ses roues. La tige du piston, dirigée dans sa course par une sorte de cadre métallique appelé glissière, s'articule avec une tige ou bielle, dont l'autre extrémité est adaptée à l'essieu, ou, pour mieux dire, à un coude de l'essieu. Le coude forme manivelle, et la bielle est comme un bras faisant tourner la manivelle, l'essieu, et les roues que l'essieu porte à chacune de ses extrémités. Ajoutons à cette explication quelques détails importants.

Quand le piston se trouve à 1 une ou l'autre des extrémités de sa course, son axe et celui de la bielle motrice forment une même ligne droite : on dit alors que la manivelle est à un point mort. Que signifie cette expression? Le voici :

Théoriquement, la manivelle semble pouvoir, en ce moment, aussi bien continuer son mouvement que prendre le mouvement contraire. Qui Ten empêche? D'abord la vitesse acquise, — cette vitesse seule suffirait à continuer le mouvement; — puis la disposition à angle droit des deux manivelles du même essieu; de sorte que, si d'uîi côté le piston est au bout de sa course, dans l'autre cylindre le piston est au milieu. 11 est donc impossible que

le mouvement ne soit pas continu; comprenez-vous maintenant la raison des positions opposées qu'occupent à chaque instant les deux pistons ?

Jetez les yeux sur la coupe longitudinale qui nous a servi tout à l'heure à examiner la chaudière : vous y verrez le mécanisme de l'appareil moteur, ou mieux, des parties de cet appareil que nous venons d'étudier ensemble. Comme le cylindre est placé, dans la locomotive que nous avons prise pour exemple^ à l'intérieur des roues, la tige du piston que guide la glissière, la bielle motrice et le coude de l'essieu se trouvent également à l'intérieur. Le cylindre, au contraire, est-il extérieur, l'essieu est droit ; mais alors on adapte au moyen des roues motrices, et à une dislance de l'axe de l'essieu égale au bras de la manivelle — ce qui équivaut à dire, à la demi-courte du piston — un bouton en fer auquel vient s'enchaîner la bielle motrice. Vous verrez un exemple de cette disposition, dans les machines Engerth et Crampton, représentées plus loin.

Dès maintenant, nous pouvons nous rendre compte de la façon dont agit la vapeur pour produire le mouvement de rotation des roues motrices, et par suite de la machine. Mais de quelle façon se distribue cette vapeur de chaque côté du cylindre? Comment le tiroir exécute-t-il le mouvement alternatif nécessaire à cette distribution ? C'est ce ({u'il nous reste à voir.

Toute la question, je le répète, est d'expliquer le mouvement de va-et-vient du tiroir dans la boîte à vapeur. Eh bien, sachons d'abord que ce mouvement, pris sur l'essieu moteur lui-même, se communique à la tige du tiroir par r ntermédiaire d'un excentrique et de sa oielle. Ce qu'est une bielle, nous l'avons déjà vu tout à l'heure ; mais comme je ne parle point à des mécaniciens, bon nombre de mes lecteurs me sauront gré, je pense, de leur dire ce qu'on entend par un excentrique.

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