DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
chines. Vous avez vu comment l'invention de la chaudière lubulaire a remédié à ce dernier défaut. Les mêmes inventeurs trouvèrent le moyen, chacun de son côté, de détruire le premier. Voici comment ils y parvinrent :
L*appel de la cheminée, surtout à travers les tubes étroits de la nouvelle chaudière, donnait un tirage trèsimparfait. Pour y suppléer, ils songèrent à utiliser l'action de la vapeur à sa sortie des cylindres, en faisant déboucher les tuyaux d'échappement vers la partie inférieure de la cheminée. Que résulta-t-il de cette disposition? La soudaine dilatation du fluide élastique détermina à la fois dans la cheminée un rapide courant d'air ascensionnel, puis une série de vides alternatifs. Ce double phénomène devait, dans la pensée des inventeurs, activer puissamment le tirage : c'est aussi ce que Texpérience est venue confirmer.
11 y avait bien un autre moyen de produire un fort tirage, c'était de donner à la cheminée une hauteur considérable : mais la dimension des ouvrages d'art, ponts et tunnels, ne permettait pas à cette hauteur, on le conçoit, de dépasser une certaine limite. Voilà pourquoi on a dû recourir à l'appel de vapeur.
Disons encore que la cheminée porte d'ordinaire à la partie supérieure et en avant de la machine un écran qu'on peut lever ou rabattre à volonté. Plus la vitesse de la marche est grande, plus cet écran fait du vide derrière lui, plus il facilite le tirage *.
Enfin, il ne suffit pas d'obtenir un maximum de tirage, il faut encore pouvoir le ralentir à volonté. On y parvient en faisant varier les dimensions de rorifice d'échappe-
* Le diamètre de la cheminée n'est pas non plus sans influence : l'expérience a prouvé qu'il fallait donner à la section de la cheminée une surface égale aux trois quarts envii'on de celle que forment les sections réunies des tubes, pour obtenir le maximum d'effet utile, au point de vue du tirage.
ment, an moyen de deux valves mobiles, qu'une tringle, à la portée du mécanicien, peiroetà ce dernier d'ouvrir et de Fermer à sa guise.
S'il est très-imporlanl de régulariser le tirage, il ne l'est pas moins de régulariser l'admission de la vapeur. De là un nouvel organe essentiel de la machine, qui tire son nom d e sa fonclion même : le régulateur. 11 y en a de
Fi;. ^S. — B^gulalcuT i papillon; conpe de profil. Fig, 76.
plusieurs sortes : contentons-nous d'en prendre deux pour exemples. Parlons d'abord du régulateur à papillon, que vous allez voir de face et de profil. Dans cerlain? s machines, le luyau de prise de vapeur qui longe la partie supérieure du corps cylindrique, se recourbe verticalement au-dessus du foyer, et débouche dans une sorte de dôme, de forme et de dimensions variables. Cetle disposition, presqne généralement abandonnée dans les machines nouvelles, avait pour objet d'éviter l'entraînement des