DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
suivant le type de la locomotive, mais encore suivant la machine particulière employée. Une foule d'éléments fort divers influent sur cette consommation : la saison , le climat, la charge des trains, leur vitesse, le plus ou moins d'habileté des mécaniciens et des chauffeurs, et, chose non moins importante, le profil plus ou moins accidenté de la ligne parcourue; voilà autant de circonstances qui ne permettent d'établir à cet égard que des moyennes approximatives. C'est d'ailleurs tout ce qu'il nous faut.
Une locomotive Crampton , remorquant i2 voitures, consomme 8 kilogrammes de coke par kilomètre parcouru, dans la saison d'été ; 8 kilogrammes et demi en hiver ;
Une locomotive mixte, avec* 18 voitures, consomme la même quantité ;
Une Engerth à marchandises, 16 kilogrammes de houille en été, 18 en hiver.
11 faut ajouter que nous supposons ici le combustible de première qualité. S'il s'agit de coke ou de houille impure, la quantité dépensée va jusqu'à H kilogrammes
par un de nos plus habiles ingénieurs et de nos plus regrettés, M. Camille Polonceau :
Foyer C,546fr.66
Tubes 8,i88 20
Chaudronnerie 7,544 27
ilouvement (pistons et cylindres, bielles, coulisses,
régulateurs, elc Î),1I8 85
Roues et essieux 9,134 66
Châssis 5,061 07
Tuyauderie et robineterie !2,237 57
Montage 1,395 00
Boiserie et peinture 727 70
Divers modèles 102 88
Outillage des machines 240 00
Total 50,290 fr.86
En y joignant la part des frais généraux qui incombe au matériel, soit 4,1 89 fr. 05, on arrive à une somme de 54,485 fr. 91.
pour les machines à voyageurs, jusqu'à 23 kilogrammes pour les machines Eiigcrth à marchandises.
Telles sont les allocations moyennement accordées aux mécaniciens. Elles sont de beaucoup inférieures à celles d'il y a quinze ou vingt ans. Partout, sous rinfluence d'une meilleure organisation du service, des perfectionnements apportés à la construction et à l'entretien des machines, et des primes d'économie , la consommation s'est abaissée de moitié, et môme de plus de moitié. On cite, par exemple, les chemins de fer belges, chez lesquels la dépense est descendue de 19 kilogrammes à 8, pendant la période 1839-1855.
Mais le combustible n'est pas tout : il y a l'huile, la graisse, l'eau, les frais d'entretien, et des machines et (les tenders ; il y a le personnel affecté à ces divers services. Tout cela entre dans ce qu'on peut appeler les frais de traction. En veut-on avoir une idée un peu exacte, qu'on lise le petit tableau suivant, qui représente la dépense moyenne de traction par kilomôlre parcouru, sur les chemins de fer français.
Personnel et frais de régie. . fr. 20 ou 21,50 ]
Combustible 57 39,78 I pour 100
Huile, graisse, suif, chiffons, l de
eau, éclairage 00 0,45 / la dépense
Entretien des machines et i totale.
tenders 50 32,256 J
Total Ir. 95
Quatre-vingl-treize centimes , voilà ce que coûte en moyenne le parcours d'une locomotive, pour un trajet d'un kilomètre. Ce chiffre moyen représente des écarts qui varient entre fr. 66 (locomotive Crampton) et 1 fr. 19 (locomotive Engerth). 11 s'applique d'ailleurs aussi bien à la consommation en marche qu'aux stationnements et à l'allumage des machines.
J'ai laissé échapper plus haut le moi primes d'économie.