TROISIÈME PARTIE. — LES GARES
bés dans le sens vertical. Le but de cette disposition est le même que celui des heurtoirs de terre.
Les gares qui affectent la disposition dont je vous ai entretenu tout à l'heure, je veux dire, dont les bâtiments sont en tête des voies, offrent aussi, à l'extrémité des rails, des heurtoirs -munis de tampons, de façon à amortir un reste de vitesse, au cas où le train arrivant en posséderait encore. Ces heurtoirs sont également utiles pour les manœuvres de locomotives isolées. A une époque qui n'est pas fort éloignée de nous, les heurtoirs semblaient indispensables, témoin ce fait, raconté par les savants auteurs du Portefeuille de V ingénieur des chemins de fer :
« Au chemin de fer de Saint-Germain, disent-ils, avant qu'on eût établi des heurtoirs dans la gare du Pecq, une machine est arrivée avec une telle vitesse, qu'elle a renversé un pan de la maison qui se trouve en tête et qui renferme les bureaux de distribution des billets. » Elle a failli coûter la vie à un ingénieur distingué, M. Flachat. Les heurtoirs eussent-ils empêché cette brusque visite de l'impétueuse machine? J'en doute un peu. Mais il faut dire qu'à l'époque où l'accident rapporté plus haut a eu lieu, il n'y avait de frein ni sur les wagons, ni sur le tender. Aujourd'hui, la machine arrive avec une vitesse notablement réduite, et les heurtoirs dans ces conditions suffisent pour empêcher, sinon toute avarie, du moins un accident d'une certaine gravité.
Aujourd hui, du reste, pareille chose est peu à craindre, tant est grande la docilité des locomotives sous l'inlelligente direction des mécaniciens. Seulement, il est bon toujours d'éviter les chocs : voyageurs et matériel s'en trouvent également bien.