TROISIÈME PARTIE.— LES GARES
Il ne suffit pas, on le comprend, que, dans un espace de terrain déterminé, elles puissent loger le plus grand nombre possible de machines, afin que le prix du remisage soit abaissé à son minumum ; il faut encore que la manœuvre soit commode, qu'on puisse à volonté entrer ou sortir une machine, sans déranger les autres, ni gêner les ouvriers dans leur travail. Cette première condition paraît le mieux satisfaite, quand on donne à la remise une forme polygonale ou circulaire, avec une plaque tournante de grand diamètre, au centre ; un fer à cheval, une demirotonde semblent également favorables, et l'on peut, de cette façon, loger environ de douze à seize locomotives. Il importe que la plaque permette le mouvement simultané de la machine et de son tender.
Des fosses, pratiquées sous les voies qui rayonnent du centre de la rotonde, rendent les travaux de petite réparation commodes; mais alors il est nécessaire que le jour arrive par les ouvertures latérales, comme par des vitrages percés dans la toiture : voilà une seconde condition non moins importante, et que la forme polygonale permet aisément de remplir.
Ce n'est pas tout. L'élévation de la toiture doit être à la fois assez grande pour que l'allumage des machines, la vapeur et la fumée qui en résultent ne soient pas une cause de détérioration pour les pièces de métal, et assez faible pour que la température, en hiver, ne descende pas au-dessous du point de congélation.
Voici une remise enferme de demi-rotonde, ou de fer à cheval :
Mais elle offre un inconvénient sérieux, celui de n'être pas couverte dans sa partie centrale.
La forme polygonale est surtout employée dans les gares considérables, pour un grand nombre de locomotives; mais clans les gares intermédiaires, où le nombre des machines à remiser est assez faible, les remises sont le
plus souvent des bâiiments de forme rectangulaire. Dans
ce cas, la manœuvre par des chariots de service, moins
dispendieuse que celle des plaques, est génëralemenl
adoptée.
Les résenoirs d'eau, que nous avons visites tout à 1 heure, et les magasins de coke, sont ordinairement installés dans le voisinage des remises de locomotives : ceii
Fig. 101. - Hei
se comprend de l'este. Quant aux remises des wagons et voitures, elles sont placées le plus près possible de la voie, afin qu'on puisse ajouter au convoi, conimodémeiit et rapidement, les wagons nécessaires ; des plaques et changements de voie les mettent en relation avec la voie du train.
Je ne vous ai rieu dit jusqu'iV présent des gares de marchandises, consacrées au senicc exclusifde la petite vitesse. D'un mol, voulez-vous avoir une idée de l'impor^ tance de ce senice? La ligne de Paris â Lyon et à la Méditerranée a donné, pour 1865, les cIiifTres suivants derecette tolale sur tout le réseau :