‹ Les chemins de fer (volume 3)Chapitre 71 sur 99 · TROISIEME PARTIE.— LES GARES · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE.— LES GARES

Grande vitesse (voyag., bagages, messag.) .... 55,412,000 fr. Petite vitesse (marchandises, houilles, etc.) . . . 89,204,500

Ainsi le trafic de la petite vitesse est, sur ce chemin, des deux tiers plus important que celui -des voyageurs : les autres grandes lignes offrent au moins une semblable proportion. Mais les dimensions des gares correspondantes sont relativement plus grandes encore : pour ne parler que de la dimension des surfaces couvertes, bâtiments, halles, etc., tandis que l'ancienne gare du Nord affectait 5,760 mètres carrés seulement au service des voyageurs S l'espace couvert consacré au service des marchandises de la petite vitesse n'embrassait pas moins de 49,000 mètres carrés, près de 5 hectares. Et chaque jour, on reconnaît l'insuffisance d^^ tels espaces devant l'incessante augmentation du trafic.

Je n'insisterai pas pour vous faire parcourir les vastes hangars, les quais, où se fait la manutention des marchandises; fort intéressante au point de vue des intérêts économiques, cette visite ne nous offrirait guère matière à observations pittoresques. Les grues, servant à charger et à décharger les diverses sortes de marchandises, les monte-charges employés aux opérations du même genre, et dont la forme varie suivant la nature des matériaux, n'ont rien qui puisse piquer notre curiosité.

Je me bornerai à vous dire que, de l'avis des hommes compétents, il y a grand avantage à disposer les hangars parallèlement à la voie, au lieu de les placer dans une direction perpendiculaire. Cette dernière disposition exige des plaques tournantes plus ou moins nombreuses, et l'entrée des trains sous les halles ne peut se faire directement, comme dans la première ; de là une perte de temps, des manœuvres multipliées, et, en somme, des

* La surface de la nouvelle gare à voyageurs du Nord comprend aujourd'hui plus de 10 hectares.

frais considérables d'emmagasinage. Toute combinaison heureuse, scientifique, artistique ou technique, se traduisant dans Texploitation par une diminution de dépenses, par une économie, doit être la constante préoccupation de l'ingénieur.

Il est, pour les arts, deux sources d'inspiration également fécondes : d'un côté, la nature, ses tableaux variés et ses lois ; de l'autre, l'homme, ses passions, son activité collective ou individuelle. C'est à cette dernière source qu'il faut faire remonter l'émotion dont ne peut se défendre celui qui pénétre, pour la première fois, dans une de ces grandes usines où travaillent de concert les ouvriers intelligents et les moteurs aveugles.

Telle est l'impression qu'éprouve le visiteui^, lorsqu'il parcourt ces ateliers immenses, ces forges, dont toutes nos grandes lignes de fer sont aujourd'hui pourvues. Sa curiosité est vivement éveillée par le coup d'oeil varié que lui présentent les vastes halles, le long desquelles le mouvement va, vient, monte, descend dans toutes les directions, sous toutes les formes, faisant mouvoir des milliers de roues, d'arbres, de courroies, et distribuant à chaque ouvrier, à chaque outil, la part de force dont ils ont besoin. Ses facultés artistiques ne sont pas moins surexcitées que son intelligence : ici, la lumière et l'ombre, se jouant d'une façon merveilleuse, engendrent les contrastes et les harmonies ; plus loin, le feu des forges, le bruit des énormes marteaux qui pétrissent le fer étincelant, les mâles figures des ouvriers saisissant de leurs énormes pinces les rouges essieux, tout cet ensemble forme un tableau, que dis-je? une série de tableaux, dignes d'être reproduits par quelque moderne Rembrandt ^

*■ Génie à part, c'est ce [qu'ont tenté avec succès des peintres d'un Trai talent, à en juger par les essais dont nos expositions des beaux*-

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