TROISIÈME PAHTIE. — LES G.VRES
me semble, les qualités qu'on doit exiger de l'architecture nouvelle. On a déjà compris d'ailleurs quelle variété résultera pour les gares des divers ordres, sur les différentes lignes de fer, de la diversité combinée des matériaux employés, des climats de chaque région, enfin du génie propre à chaque peuple. Mais quittons les généralités, et passons en revue quelques-uns des monuments les plus remarquables en ce genre.
L'intérieur nous occupera d'abord ; et quand je parle de l'intérieur, j'ai surtout en vue, on le conçoit, les grandes halles couvertes destinées à l'embarquement et au débarquement des voyageurs et de leurs bagages, les salles de distribution des billets, enfin les salles d'attente.
La grande halle sous laquelle viennent s'al)riter les convois est évidemment, pour chaque gare, et surtout pour les têtes de lignes ou gares extrêmes, le morceau capital du monument, centre autour duquel convergent toutes les autres parties de l'édifice. C'est lui qui donne le style à tout le reste. Le fer et la fonte, le bois et la pierre, concourent à sa construction. C'est là que le génie des ai chitectcs-ingénicurs s'est vraiment donné pleine carrière. Quelle hardiesse dans ces arcades que supportent d'élégantes colonnes de fonte, dans ces nerfs aux nervures déliées, où chaque ornement asa raison d'être, où chaque pièce utile a servi à la décoration générale ! Les voyageurs passent si vite, en courant des salles d'attente aux voitures, ou des voitures aux portes de sortie, que je suis tenté de mettre ici sous les yeux du lecteur, à l'appui de mes commentaires, quelques vues de gares, prises à l'intérieur des halles.
Voici d'abord la grande nef de l'embarcadère du chemin de Strasbourg à Paris, composée d'un seul vaisseau en plein cintre d'une grande hauteur.
Un vitrage qui règne dans presque toute la longueur des combles en éclaire l'intérieur, et l'on peut voir en
outre dans le fond de la halle, lu grande rosace qui décore le fronton exttirieur de la gare, el qui projette la Inmiùre venant du cOtù du niidi. Au n^rd, la halle cstou-
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vei'te dans loute sa hauteur par l'immense porte cintrée sons laquelle les Iralns viennent déposer leurs flolsde voyageiii's.
Jetez niaintenanl un coup d'œil sous ces vastes hangars. L'un, reniarq'iahle par l'ampleur de ses proportions, qui permet aux volturiers et aux piétons de circuler à l'aise, d'aiDeui's fort simple et sans prétentions à l'effet, n'est autiv! que l'ancien embarcadère du chemin du Nord.
L'antre, plus riche, est divisé en deux par une rangée de colonnettes élégantes, qui supportent la double toiture vitrée. C'est l'intérieur de la gare du chemin de l'Ouest, dont la façade extérieure, représentée un peu plus bas, embellit le côté gauche du boulevard Montparnasse, à Paris.