‹ Les chemins de fer (volume 3)Chapitre 84 sur 99 · QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION

Est-on curieux de savoir, maintenant, quelle est Tintensité de la circulation générale dans le cours d'une année? Considérons les cinq grandes lignes de Lyon, de TEst, de rOuest, du Nord et d'Orléans, et voyons quel a été, pendant Tannée 1860, le mouvement total, soit desvoyageurs, soit des marchandises transportées. Le réseau exploité avait alors une longueur de 7,129 kilomètres.

Eh bien, en additionnant les nombres de voyageurs qui ont circulé sur ce réseau, on trouve le nombre énorme de 4-7,516,901 (75 millions en 1865, en y joignant la ligne du Midi). La ligne de TOuest entre à elle seule, dans ce nombre, pour plus de 15 millions ; mais il faut ajouter que 10 millions ont été fournis par le mouvement sur les lignes de la banlieue de Paris ( Versailles, Saint-Germain, etc.) ^

Le nombre des trains sur les cinq grandes lignes a été, en moyenne, de 2,130 trains par jour, parcourant 158,000 kilomètres. C'est par an 780,000 trains environ, et un parcours de près de 60,000,000 de kilomètres.

Quant au nombre de tonnes transportées par la petite vitesse, il s'est élevé à 15,489,114 (environ 50 millions de tonnes en 1865, la ligne du Midi comprise), comprenant des denrées de toute nature, grains, houilles, matériaux de construction, chevaux, bétail, voitures, etc.

En 1866, le nombre des voyageurs transportés à toutes distances a été de 89,359,000; en 1867 (l'année, il est vrai, de la grande Exposition universelle à Paris) il s'est élevé à 100,512,000. Le transport des marchandises a atteint 37,269,000 tonnes en 1^66, et 37,893,000 tonnes en 1867. Ces nombres, comparés à ceux qui précèdent,

* Les 47 millions et demi de voyageurs dont je parle se décomposent ainsi par classes de voitures.

1" classe. . . 5.îi02,966 Nombre de voyageurs. . . { 2» classe. . . 17,l-27,4i)*i

3' classe. . . 24,787,555

peuvent donner une idée du développement de la circulation et du trafic, dans l'intervalle de sept années. Mais il faut pour cela tenir compte de l'accroissement du réseau qui, de 9,300 kilomètres, s*est élevé dans le même intervalle à 15,702 kilomètres exploités. En 1860, on trouve par kilomètre 5,109 voyageurs et 1,560 tonnes; en 1867, 6,402 voyageurs et 2,414 tonnes.

Enfin, voici un autre moyen de juger de l'activité de la circulation sur les cinq grandes lignes : il consiste â additionner tous les kilomètres parcouruspar les locomotives employées au service de la grande comme de la petite vitesse, ce qui revient, à peu de chose près, à évaluer le parcours total des trains de toute nature ^ On trouve ainsi une longueur totale de 57,675,000 kilomètres parcourus par trois mille machines environ.

Si ce n'est pas être trop irrévérencieux pour la classe des voyageurs de l'espèce humaine, que de joindre à la statistique qui les concerne, celle relative à la gent animale, je donnerai ici le nombre des individus de cette dernière classe, transportés sur les lignes de Lyon, de l'Est, de l'Ouest et d'Orléans, pendant l'année 1860. Ce nombre se monte à 2,800,000 environ*. Cela dénote, comme on voit, chez nos associés des espèces dites inférieures, une humeur voyageuse passablement développée, d'autant que les chiens ne sont pas compris dans l'évaluation qui précède.

* La différence entre le parcours total des trains et celui des machines vient de ce qu'un train est remorqué quelquefois par deux locomotives.

- Voici, pour le chemin de fer de Lyon, la division par catégories du nombre d'animaux transportés sur son réseau :

Chevaux 20,144

Bœuls 77,714

Cloutons. 303,140

Poics, veaux, elc 252,7 tîl

Total 656,759

En outre les chiens donnent. 48,276

Total : 703,055 têtes, ) les volailles non comprises.

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Tous ces nombres font comprendre la nécessité où sont les compagnies, pour faire face à ce mouvement immense, d'accroître de plus en plus leur matériel. Personne ne s'étonnera que le service du chemin de Paris à la Méditerranée ait employé, pendant l'année 1861, 945 locomotives, 892 tenders, et 23,355 véhicules de toute sorte. Les autres lignes nous offriraient, pour leur matériel, des nombres proportionnés au trafic qui leur est propre ; et Ton affirme que cet immense arsenal de voitures, de wagons, de machines, ne suffit pas aux exigences des clients de nos lignes de fer. En 1866, le réseau français a employé 4',272 locomotives et 116,535 wagons.

Pour terminer un chapitre qui absorberait des volumes, si je me laissais entraîner à aligner des colonnes de chiffres, je dirai un mot de la vitesse des trains de voyageurs et de marchandises.

Déjà, quand nous avons passé en revue les divers types de locomotives, j'ai eu Toceasion de citer les vitesses maximum et minimum de ces machines. Mais il s'agissait alors de la marche à pleine vapeur, sans y comprendre ni les ralentissements ni les arrêts. Or, en tenant compte de ces éléments, il est aisé de calculer la moyenne vitesse des trains, du moins sur nos lignes de France. On trouve ainsi qu un train de voyageurs (omnibus) marche à raison de 30 kilomètres à l'heure : déduction faite des arrêts dans les stations, cette vitesse moyenne s'élève à 35 kilomètres.

Dans les mêmes circonstances — je veux dire en y comprenant les ^temps d'arrêt — la vitesse d'un train express varie entre 40 et 57 kilomètres par heure. Ce n'est guère que pour des trains extraordinaires et spéciaux qu'on dépasse, en France, cette rapidité déjà considérable*.

* le train express qui met Londres et Paris en communication di

La vitesse moyenne effective des trains omnibus ou express varie selon les lignes ; elle dépend principalement de la charge moyenne, de la pente, delà courbure et enfin des types de locomotives employés. Le nombre des stations et par conséquent des arrêts influe naturellement sur le degré de vitesse.

Les anciennes diligences étaient parvenues au maximum de vitesse de 15 kilomètres; les bateaux à vapeur, sur nos rivières, de 15 à 22 kilomètres. Le magnifique steamer VAdriatic marche à raison de 29 kilomètres, et la frégate Warrior, de 24 kilomètres à l'heure.

Tout bien considéré, les chemins de fer offrent donc aux voyageurs une célérité plus grande que celle obtenue, jusqu'à ce jour, par les autres modes de transport. La sécurité y est aussi généralement plus complète, et la supériorité ne leur sera plus contestée, le jour où les voitures offriront des conditions de confort pareilles à celles des navires des compagnies transatlantiques.

recle est un exemple de ces cas tout particuliers. La distance de 540 kilomètres, qui sépare ces deux grandes cités, est franchie en 11 heures : c'est une vitesse de 49 kilomètres à l'heure, traversée de mer, embarquement et débarquement compris.

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