TROISIEME PARTIE. — LES GARES
pirantes qui conduisent le liquide de la prise d'eau dans la capacité supérieure.
Outre ces appareils, les grandes gares, celle de la Chapelle, au chemin du Nord, par exemple, ont des réservoirs plus considérables, dont la capacité atteint 250, oOO mètres cubes, et dont l'eau, en raison même des dimensions, craint bien moins la gelée. Ce sont de grands cylindres, en plaques de tôle boulonnée, recouverts de feuilles de zinc.
Voyez maintenant ces portions de voies brusquement terminées: ce sont des voies de garage. Les unes viennent butter contre des massifs de terre, afin que les wagons, qui possèdent encore une certaine vitesse, soient arrêtés dans leur course ; les autres finissent par des rails recourbés dans le sens vertical. Le but de cette disposition est le même que celui des heurtoirs de terre.
Les gares qui affectent la disposition dont je vous ai entretenu tout à l'heure, je veux dire, dont les bâtiments sont en tête des voies, offrent aussi, à l'extrémité des rails, des heurtoirs munis de tampons, de façon à amortir un reste de vitesse, au cas où le train arrivant en posséderait encore. Ces heurtoirs sont également utiles pour les manœuvres de locomotives isolées. A une époque qui n'est pas fort éloignée de nous, les heurtoirs semblaient indispensables, témoin ce fait, raconté par les savants auteurs du Portefeuille de l'ingénieur des chemins de fer :
« Au chemin de fer de Saint-Germain, disent-ils, avant qu'on eût établi des heurtoirs dans la gare du Pecq, une machine est arrivée avec une telle vitesse,
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qu'elle a renversé un pan de la maison qui se trouve en tête et qui renferme les bureaux de distribution des billets. » Elle a failli coûter la vie à un ingénieur distingué, M. Flacbat. Les heurtoirs eussent-ils empêché cette brusque visite de l'impétueuse machine? J'en doute un peu. Mais il faut dire qu'à l'époque où l'accident rapporté plus haut a eu lieu, il n'y avait do frein ni sur les wagons, ni sur le tender. Aujourd'hui, la machine arrive avec une vitesse notablement réduite, et les heurtoirs dans ces conditions suffisent pour empêcher, sinon toute avarie, du moins un accident d'une certaine gravité.
Aujourd'hui, du reste, pareille chose est peu à craindre, tant est grande la docilité des locomotives sous l'intelligente direction des mécaniciens. Seulement, il est bon toujours d'éviter les chocs : voyageurs et matériel s'en trouvent également bien.