‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 109 sur 136 · TI'.OISIÈME PARTIE. — LES GARES · texte numérisé non relu

TI'.OISIÈME PARTIE. — LES GARES

est la splendeur du vrai. » Voyez le corps humain, ce type d'éternelle beauté : quelle harmonie résulte des rapj)orls nécessaires entre les fonctions des organes, leur disposition et la forme extérieure qui recouvre l'ingénieuse charpente ! Artistes, soyez d'abord vrais, sincères; et vos travaux, s'ils ne sont pas tous des chefs-d'œuvre, conquerront, à défaut d'une vogue éphémère, une estime sincère et durable, comme la pensée qui les aura produits.

L'aspect extérieur d'une gare, le caractère de son ornementation doivent donc refléter et la destination du monument, et sa distribution interne. La légèreté, la hardiesse des formes, une certaine simplicité qui n'exclut point la grandeur, et qui croîtra d'adleurs à mesure que diminuera l'importance de la localité desservie : telles sont, ce me semble, les qualités qu'on doit exiger de l'architecture nouvelle. On a déjà compris d'ailleurs quelle variété résultera pour les gares des divers ordres, sur les différentes lignes de fer, de la diversité combinée des matériaux employés, des climats de chaque région , enfin du génie propre à chaque peuple. Mais quittons les généralités, et passons en revue quelques-uns des monuments les plus remarquables en ce genre.

L'intérieur nous occupera d'abord ; et quand je parle de l'intérieur, j'ai surtout en vue, on le conçoit, les grandes halles couvertes destinées à l'embarquement et au débarquement des voyageurs et de leurs bagages, les salles de distribution des billets, enfin les salles d'attente.

La grande halle sous laquelle viennent s'abriter les

convois est évidemment, pour chaque gare, et surtout pour les tètes de lignes ou gares extrêmes, le morceau capital du monument, centre autour duquel convergent toutes les autres parties de l'édifice. C'est lui qui donne le style à tout le reste. Le fer et la fonte, le bois et la pierre, concourent h sa construc-

Fii,^ 105. — Ciioiiiiii d' rercl'l'E^l; viu^ intérieuie de la care de Vaih.

lion. C'est là que le génie des architectes-ingénieurs s'est vraiment donné pleine carrière. Quelle hardiesse dans ces arcades que supportent d'élégantes colonnes de fonte, dans ces nerfs aux nervures déliées , où chaque ornement a sa raison d'être, où chaque pièce utile a servi à la décoration générale ! Les voyageurs passent si vite, en courant des salles d'attente aux voitures, ou des voitures aux portes de sortie, que je

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