‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 122 sur 136 · QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION. 58U · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION. 58U

tendre, aussitôt Parrivce d'un train dans une station, ce carillonnement continu, que l)ien des personnes prennent pour la sonnerie du télcgraplie électrique? Eh bien, c'est l'indice certain que le disque signal est à l'arrêt; ce carillon dure encore cinq minutes après le départ du train. Ces tremhleurs électriques — c'est le nom qu'on donne à cette disposition — sont d'un excellent usage, et je suis étonné que les autres lignes ne les aient pas adoptés.

On a essayé, et l'on emploie encore, bien d'autres systèmes; mais celui que vous voyez suffit à vous faire comprendre le principe. Certains de ces systèmes sont cmtomoteurs^ c'est-à-dire se meuvent sans l'intermédiaire d'employés spéciaux. La locomotive, en passant devant le disque, agit snr une pédale qui le fait mouvoir. Mais l'appareil vient-il à se déranger, personne n'est prévenu, et le péril devient imminent ; mieux vaut encore l'intervention de l'homme et sa responsabilité^

d'évitement ou de garape. Aussi r('tal)lisscmcnt de ces appareils sur une longue litïne est-il l'objet d'une assez forte dépense. Un disque du système Bataille-Robert coûte 885 francs. Comptez luaintenanl le nombre des disques d'une grande lip;ne, celle de Paris à Lyon et à la Méditerranée, par exemple, et vous arriverez ainsi à une somme considérable. N'oubliez pas qu'il ne s'agit ici que de la dépense première; et qu'il faut y /^jouter celle que nécessitent Tenlretien et les réparations quotidiennes et annuelles.

Mais tout cela est peu de cliose quand on sonp;e à l'immense intérêt qu'il s'agit de sauvegarder : la sécurité, la vie des voyageurs et celle, plus exposée encore, des courageux employés chargés de les conduire.

* Les compagnies de chemins de fer viennent de prendre tout récemment une décision qui préviendra plus d'accidents que les inventions mécani(iues les plus perfectionnées : elles ont spontanément, et d'un commun accord, réduit la journée de travail d'un aiguilleur de treize heures à huit heures, et en même temps augmenté son salaire. Faire

levons ai parié des signaux de nuit: comme bien vous pensez, on les allume dès que ie jour baisse, et ils ne sont éteints qu'au grand jour. Que la neige, le brouillard vienne à obscurcir la iournée. les feux des lanternes restent en permanence. En tiiver, cela ne suffit pas toujours : il arrive que i'huilese congèle, et que les lumières s'éteignent. Cn essaye maintenant certaines huiles minérales, qu'on suppose devoir rester à l'abri de cette influence ne la température.

Un mol maintenant sur les cas précis où les disques doivent marquer le signai d'arrêt. C'est toutes les fois qîi'un encombrement, une masiœuvre quelconque empêche un (rain ou une locomotive de suivre la voie; cinq minutes après le passage d'un convoi; enfin, à toutes les bifurcations de voie*.

Mais il n'y a pas de disques sur toute la ligne, en tous ses points ; un obstacle im.prévu peut se présenter, un accident survenir, enfin, l'appareil peut ne pas fonctionner. Comment prévenir, dans ce cas, d'une manière certaine, le train qui va suivre ? Eî> l'absence de tout autre signal, on place sur les rails, des pétards, des boîtes détonantes, que font éclater les roues do la locomotive ; seulement, il importe de poser ces signaux à 7 ou 800 mètres au moins en arrière de l'obstacle, un emploie aussi les pétards dans les cas de brouillard inlense.

choix dhommes actifs, intelligenls et moraux, ne pas les excéder de fatigue, les bien payer, voilà une çrrande partie du secret tant cherché de la sécurité des manœuvres. (Note de la prem.ière édition.)

* A Parrivée dun train, on fait cesser rarrêt sur la voie que le train parcourt .

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