‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 21 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

NVt-il pas fallu, sur certaines lignes, franchir le bras de mer qui séparait les deux tronçons du rail-way ?

Viennent maintenant les routes, les chemins, les rues des villes traversées. C'estun viaduc àconstruire, toutes les fois qu'une de ces voies de communication rencontre et coupe le tracé, à moins que !es deux chemins ne se trouvent de niveau. Dans ce cas, relativement plus rare, on établit un passage spécial dont il sera question plus loin.

Entin, la ligne de fer travcrse-t-elleune vallée, une gorge profonde, on ne peut songer à édifier un remblai, dont la hauteur et la largeur énormes rendraient la construction difficile et coûteuse. C'est alors que les viaducs prennent des proportions gigantesques, et que les longues files de hautes arcades remplacent, heureusement pour le paysage, les lourdes et disgracieuses masses de terre.

Ce sont là autant d'exigences auxquelles ne sont point soumises les simples routes. Libres dans leurs allures, comme les véhicules et les voyageurs dont elles sont sillonnées, elles savent, par une habile combinaison de pentes et de courbes, se plier à tous les accidents du terrain.

Toutefois, n'oublions pas que ces conditions particulières aux voies ferrées oiit été, parleurs difficultés mêmes, une occasion de triomphe pour la science de l'ingénieur. L'art architectural n'y a pas moins gagné. A des problèmes nouveaux, il a fallu trouver des solutions nouvelles, et les constructions des chemins de fer ont reçu de la sorte un cachet d'ori'^inalité bien tranchée. De nouveaux types, des procédés spéciaux,,

(les méthodes jusqu'alors inconnues, voilà pour les moyens. Une physionomie monumentale, dépendant à la fois de la nature des matériaux employés et de la grandeur des proportions métriques, voilà pour la question d'art.

Mais arrivons aux exemples.

Je ne ferai que signaler les travaux de peu d'importance, petits ponts traversant un ruisseau, aqueducs en maçonnerie ou en fonte, passerelles légères qu'on rencontre à chaque instant, qu'il est aisé au vovageur d'examiner en voyage. Les types très-variés de ces constructions secondaires se distinguent en général par une véritable élégance, qui n'exclut point la solidité.

Quant aux ouvrages de dimensions supérieures, il est une façon commode, sinon savante, de les classer: c'est de les ranger en trois catégories, selon la nature des matériaux qui les composent. On rencontre ainsi, dans la première, les ouvrages entièrement construits en maçonnerie, pierres de taille, meulières, ciments et briques : dans la seconde, les ponts ou estacades en charpente; tous ceux entin dans lesquels le fer, la tôle ou la fonte jouent le rôle de matière principale, forment la troisième.

Que dire des ponts en bois, sinon qu'ils ne sont plus guère en usage aujourd'hui, du moins en Europe? En France, ils ne servent plus que d'estacades provisoires, destinées à être remplacées un peu plus tard par des ouvrages plus solides, on, si l'on veut, plus durables.

L'art de la charpente n'en joue pas moins un rôle

Page 1