PREMIÈRE PARTIE, — U VOIE
(le ces pièces — les aboiits des rails portent sur une traverse, et sont réunis dans un coussinet spécial. Si la pose des rails est bien faite, les joints sont tels que les voitures, en passant d'un rail à l'autre, n'éprouvent qu'une très-faihle secousse, condition aussi agréable
Fig. 56 et 'M. — Vue et plan d'une portion de voie.
au voyageur que favorable à la conservation du matériel. Je n'ai rien dit des précautions à prendre pour que la pose des traverses se fasse avec le niveau convenable, ni du bourrage du sable à ses extrémités, ni du redressement de la voie ; mais je ne puis m'empôcher de mentionner ce qui concerne l'écartement des bouts des rails à leurs joints ; car il ne faut pas' croire
que les rails se touchent bout à bout. La raison eu est simple : comme le fer se dilate par la chaleur, et au contraire se contracte sous rinflueuce d'un abaissement de température, il faut de toute nécessité laisser à cette dilatation le jeu dont elle a besoin. La pose a-t-elle lieu en hiver, on laisse 4 millimètres d'espace ; 2 millimètres seulement, si cette pose a lieu en été. Sans cette précaution, qu'arriverait-il? Vous allez faire vous-même la réponse : les rails, en s'allongeant, se comprimeraient les uns les autres par leurs extrémités, le niveau de la voie s'infléchirait, et les coussinets pourraient sauter.
Pour terminer ce qui concerne la pose régulière de la voie, disons un mot de quelques systèmes récemment mis à l'essai.
Voici le plan d'une portion de voie d'après le système Pouillet ^ :
Fig. 58. — Pose de voie, système Pouillet.
Ici, les traverses n'ont plus que 2°", 10 de longueur, 0'",16 de largeur, O^^OS d'épaisseur moyenne; mais elles reposent à leurs extrémités sur des tablettes en bois, nommées tables de pression., auxquelles elles
* Système adopte d'abord par le chemin de fer de ceinture et la ligne du Nord.
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sont fixées par des boulons. Dans les joints, la table (le pression, de dimension pins grande, réunit deuxtraverses. Ce mode de pose avait pour principal avantaare de donner à la voie une grande stabilité; mais l'élévation des frais d'entretien, ^a difficulté du bourrasse du sable sous les tablettes et divers autres inconvénients l'ont fait abandonner.
Il y a enfin le système Barberot, qui supprime le coussinet, et laisse le rail reposer directement sur la traverse. Le dessin ci-dessous en donnera une idée :
Fig. 59. — Serre-rails Barberot.
Deux cales en bois debout maintiennent de chaque côté le rail, dont elles épousent la forme, et sont elles-mêmes solidement fixées à la traverse par des tire-fonds. La pose des serre-rails Barberot exige évidemment que les traverses soient entaillées de chaque côté du rail, et en sens contraire. Enfin les deux tire-fonds passent dans doux brides en fer, qui assurent la solidité des cales. L'emploi de ce système rend la voie très- douce et très-stable, mais à la con-
dition de n'employer le serre-rails que pour les supports intermédiaires, et de réunir les joints par des éclisses.
Il est probable, comme nous l'avons dit plus haut, que les ingénieurs parviendront, par la substitution des traverses en fer aux traverses en bois, à modifier complètement les divers systèmes de pose de voie et d'attacbes des rails. Les essais se font : c'est l'expérience qui prononcera.
J'aurai tout dit relativement à la pose de la voie, du moins dans les bornes que comporte cette description toute familière, si j'ajoute que, dans les courbes, le rail extérieur doit être placé à un niveau plus élevé que le rail de la partie concave, dans une proportion qui croît avec la diminution du rayon de courbure ; que l'écartement extérieur des rails y varie pareillement ; que la pose enfin doit être, sur les ouvrages d'art, l'objet d'un soin tout particulier. Il faut que la coucbe de ballast soit assez épaisse, pour amortir les vibrations dues au passage des convois; cette coucbe sert en outre à préserver les ouvrages en bois des incendies que pourrait occasionner le contact des débris de coke enflammés dont les locomotives jonchent presque toujours leur route.
Il me reste à parler maintenant de ce qu'on a coutume d'appeler les accessoires de la voie, c'est-à-dire, pour être exact, de ce qui en constitue une partie essentielle.
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