LES ACCESSOIRES DE LA VOIE
Cliangemonls, croisements et traversées de voies. — Les aiguilles, les plaques tournantes et les chariots de service.
Pour peu que vous ayez parcouru l'intérieur d'une gare de premier ou même de second ordre, vous n'êtes pas sans avoir été frappé de la multitude des voies de service qui s'y croisent de mille manières, et sans vous être demandé comment les convois peuvent reconnaître leur route, dans cet écheveau en apparence si embrouillé. La difficulté paraît d'autant plus sérieuse, que c'est là précisément que les mouvements des trains, des wagons de voyageurs et de marchandises, des locomotives isolées enfin, est le plus considérable. Ici une voie se bifurque, en traverse une autre, pour rejoindre une troisième; là une voie se divise en trois ou quatre directions différentes, traverse perpendiculairement des voies parallèles, etc., etc.
Comment les manœuvres qui résultent de ces changements divers s'exécutent-elles? C'est ce que nous allons, si tous le voulez bien, examiner ensemble.
Deux cas se présentent que les ingénieurs ont dû tout d'abord distinguer : celui où il s'agit d'une file de voitures, d'un convoi qui doit marcher d'ensemble, locomotive en tête ; celui d'une voiture ou d'une machine isolée. Les appareils qui servent aux manœuvres varient selon l'un ou l'autre des deux cas dont nous parlons. Examinons-les successivement.
Une voie se bifurque : comment faire passer un train sur l'une ou l'autre branche à volonté? Premier problème. L'appareil qui le résout se nomme un changement de voie. Le changement de voie peut être simple, doul)le, triple, selon le nombre des branches de la voie principale. Le changement de voie est, dans ce cas, suivi d'une traversée de voie^ l'une des branches rencontrant nécessairement l'autre, à une certaine distance du changement. Enfin deux voies peuvent se couper ; cela nécessite un nouvel appareil, qui a reçu le nom de croisement de vole.
La figure géométrique suivante donne un exemple de chacun de ces cas (fig. 60).
Arrivons maintenant aux appareils eux-mêmes.
Et d'abord, je n'ai pas besoin, je pense, d'insister sur la difficulté qui se présente et que vous avez comprise. Les roues des voitures, avec leurs rebords en saillie, seraient obligées de monter sur les rails d'une voie pour passer sur les rails de l'autre, ce qui amènerait presque infailliblement, outre une très-brusque secousse, un déraillement de tout le train. Il y a donc