‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 37 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

isolés de toute sorte. On emploie à cet effet des appareils spéciaux, auxquels on a donné les noms de plaques tournantes et de chariots de service. Le moment est venu de dire un mot des uns et des autres.

Tout le monde a pu voir, à l'intérieur des gares, trois ou quatre hommes manœuvrer un wagon, qu'ils font tourner lentement au-dessus d'un grand disque, de diamètre variable, et mobile avec la voiture qu'il supporte. Ce disque est une plaque tournante. On a pu aussi, à l'arrivée dans une station un peu importante, ressentir une secousse qui se répète à chaque voiture, en laissant entendre un son métallique. Cette secousse est produite par le passage du train sur une ou plusieurs plaques. Le mécanisme des plaques tournantes est aussi facile à comprendre que leur emploi. En quoi consiste-t-il? Le voici :

Sur le fond d'une fosse circulaire, de 80 centimètres environ de profondeur, de diamètre variable, repose ce qu'on nomme la partie fixe de laplaque. Elle se compose principalement d'un cercle métallique, portante sa circonférence une sorte de rail circulaire, dont la forme est précisément celle du railBrunel. C'est sur ce cercle que roule le plateau mobile de laplaque. La surface de roulement en est tournée avec le plus grand soin.

La seconde partie essentielle d'une plaque tournante est aussi composée, à sa surface intérieure, d'un cercle de roulement, le plus souvent venu de fonte d'un seul morceau, et relié à la partie centrale, comme le premier, par des bras métalliques. Des galets roulent

entre ces deux cercles, comme sur les rails d'un chemin de fer, avec cette différence, qn'il y a double ligne de rail, au-dessus et au-dessous, et que les disques ont une forme conique qui facilite le glissement de la plaque mobile. Enfin, cette dernière repose sur un pivot en fer tourné, dont le sommet arrondi est constamment lubrilié par l'huile d'un godet situé audessus et au centre de la plaque ; une cloche en fonte recouvre ce godet, de façon à le mettre à l'abri de la poussière.

Il est facile maintenant de concevoir comment le plateau mobile, portant sur sa surface supérieure des portions de voie qui forment entre elles un certain angle, peut servir à faire passer un véhicule d'une voie sur une autre. Donnons-en quelques exemples.

Voyez d'abord une plaque tournante, à voies rectangulaires ; quatre bouts de rails formant un carré, des coins de même nombre faisant suite aux rails, permettront évidemment à une voiture qui repose sur la j)laque de passer d'une voie sur une autre qui coupe la première à angle droit. Il suffira de faire décrire au plateau mobile un quart de tour. D'ailleurs la continuité des voies, qui se croisent ainsi, n'est pas interrompue. Le tnême dessin représente une vue intérieure ou coupe verticale de la plaque, et achève ainsi de faire comprendre la description qui précède. .

Le plateau supérieur des 'premières plaques tournantes était le plus souvent en fonte ; mais on a reconnu l'inconvénient de ce mode de recouvrir la partie mobile, parce que la fonte se brise sous le choc d'un wagon qui vient à dérailler sur la plaque. On préfère

l-ig. GG. -riaquc touillante rectaugulaire ; vue intciicure ilc la fosse.

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