‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 70 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — ï,\ LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — ï,\ LOCOMOTIVE

l'autre à l'arrière. Le but était de remorquer des trains express pesamment chargés.

Les premières machines construites étaient portées sur quatre roues seulement, situées entre la boîte à fumée et la boîte à feu. Mais comprenez- vous le danger, en cas de rupture d'un essieu ? La machine bascule, laboure la voie, déraille et entraîne la perte du train qu'elle remorque. Une leçon terrible, l'accident, que dis-je, la catastrophe qui fit du 8 mai 1842 un jour de sinistre mémoire, ne montra que trop combien il importait d'augmenter le nombre des essieux de la locomotive.

Telle n'est pas cependant la principale raison qui motiva la disposition nouvelle. Avec six roues, on put accroître jusqu'à moitié le poids de la machine, sans que les rails aient à supporter une plus lourde charge. Delà, possibilité d'augmenter dans une proportion correspondante la puissance des machines. Il est vrai que depuis cette époque, le poids des rails ayant été lui-même accru dans une forte proportion, on pourrait revenir aux machines à quatre roues, si le premier motif, celui de la sécurité, ne mihtaii toujours en faveur de la réforme réalisée.

Certaines machines ont huit roues : telles sont les Engerth à marchandises, dont nous avons parlé; enlin il en est aussi, nous venons de voir, qui possèdent jusqu'à dix et douze roues accouplées par groupes.

Tous les types que nous venons de passer en revue, quelque variés qu'ils soient, ont tous pour objet le parcours à grandes distances, sur les lignes ordinai- . res, et dans les conditions moyennes de pente et de

courbure. Mais le tracé d'un chemin de fer offre-t-il des courbures de petit rayon, ou de fortes rampes? s'agit-il du service spécial des gares, de l'entrée en gare des trains arrivant, du chargement ou du déchargement des wagons de marcbandises , de la formation des trains de départ? ou bien encore, les trains à remorquer sont-ils d'une faible longueur, comme il arrive

Fig 87. — Machine tender du Nord, pour forte? rampes..

pour le service de la banlieue des grandes villes? Dans tous ces cas, on a reconnu la nécessité, ou tout au moins Tutilité, de locomotives construites suivant des systèmes tout spéciaux. De là, les machines-tender (fig. 87) et la locomotive de montcKjne,

Je n'insisterai pas sur cette dernière, qui n'est autre que VEngerth^ avant les modifications nécessitées par son introduction sur les chemins français. On sait qu'Engerth, ingénieur autrichien, a conçu et exécuté un système de machines ayant pour fonction de re-

Page 1