DEUXIÈME PARTIE. — I-A LOCOMOTIVE
que les roues i,disseront sur les rails, patineront, comme on dit, et ((ue le (lémarra;uu> (Icviendra diflicile.
L'expérience a fait voir qu'en imprimant aux roues motrices une vitesse de deux tours et demi à trois tours par seconde, on obtenait le maximum d'effet utile, en même temps que les meilleures conditions pour la conservation des divers organes. En restant dans ces limites, il sera aisé de comprendre ((ue la force de la machine se traduira en vitesse, quand les roues motrices auront un grand diamètre; et au contraire en puissance de remorquage, si les roues motrices ont un faible diamètre et sont accouplées. Telles • sont les machines à voyageurs d'une part, et les locomotives Engerth , à marchandises, d'autre part. Mais on a déjà vu combien ces types extrêmes diffèrent entre eux, et quelles sont leurs vitesses respectives, maximum et mininuim^
Voici maintenant quelques chiffres sur le prix de revient des locomotives.
Je les ferai suivre de certaines données expérimentales sur la durée et le parcours moyen des machines, et sur les frais généraux de traction. De la sorte, les gens — et ils sont nombreux — qui aiment à se rendre compte de tout, pourront se faire une idée du
^ La vitosse moyenne des dili<rences était, à l'époque où les cliemins (le ter ont i)ris faveur, de 200 kilomètres environ par 24 heures, soit 8'', 55 par heure. Celle des Irains omnibus est aujourd'hui, arrêts roniiiris, de 50 kilomètres, et celle des trains express de 48 à ')0 kilomètres par iieure. C'est, moyennement, marcher cinq lois plus vite. (Jue serait-ce si la comparaison s'établissait, à cet égard, entre notre époque et le bon vieux tcnips, ne lût -ce qu^ celui de Louis XIV?
prix que Ton paye ces deux éléments de tout transport, la vitesse et la masse :
Parcourez d'abord ce petit tableau :
Prix
(l'iinft locomotive
Prix. . . .
à voyageurs (Stephenson). . .
à quatre roues accouplées. .
à marchandises do 24 tonnes.
Crampton
Engcrlh à marchandises. . .
d'un tender (Stephenson).. .
d'un tender (Crampton). . .
42,000 fr.
Une locomotive et son tender coûtent donc, en moyenne, une soixantaine de mille francs : rEn,!?ertli du Nord, près du doublet
Mais ce n'est pas tout de savoir ce que coûte une
^ Voici un compte détaillé, rpii vous donnera inie idée de la manière dont se détonipnso ce prix total. Il s'agit d'une des excellentes machines à marcliandires construites pour le chemin de* fer d'Orléans par un de nos plus hahiles infiénieurs et de nos plus re;>retlés. M, Camille Polonceau :
Foyer 0,7)40 h-. Gf.
Tuï)es ,S.48<S 20
(Ihaudrounerie 7,544 27
Mouvement (])istons et cylindres, hielles, coulisses, régulafem-^, etc 9,118 85
Pioucs et essieux 9.154 GG
Châssis 5,061 07
Tuyauterie et rohineterie.. 2,257 57
Montage 1,595 00
lîoiserie et peinture 727 70
Hivers modèles 102 88
Outillage des machines 240 00
Total 50,495 fr.8G
En y joignant la part des frais généraux rpii incomlie au matériel, ^oif 4,181) l'r. 05, on arrive à une somme de 54,584 fr. 91.