‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 109 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

mouvement de la tige t du tiroir à celui de la tige p du piston. Et cette liaison est telle, que la première marche dans le môme sens que l'autre, pendant la première moitié de la course du piston, et en sens contraire, pendant Fautre moitié ; ce qui revient à dire que le tiroir est à moitié de course pendant que le piston est à bout de course, sur l'un ou sur l'autre fond du cylindre. Peu à peu donc le tiroir a pris la position qu'il occupe dans la seconde figure, c'est-à-dire justement inverse de la première. Aussi qu'arrive-t-il? Suivez par les flèches lé mouvement de la vapeur, et vous comprendrez que le piston a marché de gauche à droite.. Ai-je besoin de dire, que cette course alternative dans les deux sens opposés va se continuer dans le même ordre, tant que la vapeur arrivera dans la botte qui recouvre le tiroir?

Chaque locomotive — tout le monde le sait — a deux cylindres, symétriquement placés par rapport à l'axe de la machine. Ce que j'ai dit de l'un s'applique à Fautre. Seulement, par une disposition particulière, les deux pistons occupent à chaque instant des positions opposées, et leurs mouvements sont toujours de sens contraires, dans les deux cylindres. On en va voir la raison dans un instant.

Telle est la partie principale de l'appareil moteur : je laisse pour le moment beaucoup de détails.

Le mouvement produit, mouvement en ligne droite et alternatif, vous avez déjà vu comment la

locomotive l'utilise, pour la rotation de ses essieux et de ses roues. La tige du piston, dirigée dans sa course par une sorte de cadre métallique appelé glissière, s'articule avec une tige ou bielle, dont l'autre extrémité est adaptée à l'essieu, ou pour mieux dire, à un coude de l'essieu. Le coude forme manivelle , et la bielle est comme un bras faisant tourner la manivelle, l'essieu, et les roues que l'essieu porte à chacune de ses extrémités. Ajoutons à cette explication fort simple quelques détails importants.

Quand le piston se trouve à l'une ou l'autre des extrémités de sa course, son axe et celui de la bielle motrice forment une même ligne droite : on dit alors que la manivelle est à un point mort. Que signifie cette expression? Le voici :

Théoriquement, la manivelle semble pouvoir, en ce moment, aussi bien continuer son mouvement, que prendre le mouvement contraire. Qui l'en empêche?

D'abord la vitesse acquise, — cette vitesse seule suffirait à continuer le mouvement ; — puis la disposition à angle droit des deux manivelles du même essieu; de sorte que, si d'un côté le piston est au bout de sa course, dans l'autre cylindre le piston est au milieu. Il est donc impossible que le mouvement ne soit pas continu ; comprenez-vous maintenant la raison des positions opposées qu'occupent à chaque instant les deux pistons?

Page 1