DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
Jetez les yeux sur la coupe longitudinale, qui nous a servi tout à l'heure, à examiner la chaudière : vous y verrez le mécanisme de l'appareil moteur, ou mieux, des parties de cet appareil que nous venons d'étudier ensemble.
Comme le cylindre est placé, dans la locomotive que nous avons prise pour exemple, à l'intérieur des roues, la tige du piston, que guide la glissière, la bielle motrice et le coude de l'essieu se trouvent également à l'intérieur.
Le cylindre, au contraire, est-il extérieur, l'essieu est droit ; mais alors on adapte au moyeu des roues motrices, et à une distance de l'axe de l'essieu égale au bras de la manivelle — ce qui équivaut à dire, à la demi-course du piston — un bouton en fer, auquel vient s'enchaîner la bielle motrice. Vous verrez un exemple de cette disposition, dans les machines Engerth et Grampton, représentées plus loin.
— Est-ce tout ? va me dire peut-être quelque lecteur impatient. — C'est selon, répondrai-je; j'entends selon le degré de curiosité qui vous pousse. Dès maintenant, sans doute, si vous m'avez suivi dans mon explication, vous pouvez vous rendre compte de la façon dont agit la vapeur, pour produire le mouvement de rotation des roues motrices, et par suite de la machine. Mais de quelle façon se distribue cette vapeur de chaque côté du cylindre ?
Comment le tiroir exécute-t-il le mouvement alternatif nécessaire à cette distribution? C'est ce qu'il me reste à vous faire voir.
Toute la question, je le répète, est d'expliquer le mouvement de va-et-vient du tiroir dans la boite à vapeur.
Eh bien, sachez d'abord que ce mouvement, pris sur l'essieu moteur lui-même, se communique à la tige du tiroir par l'intermédiaire d'un excentrique et de sa bielle. Ce qu'est une bielle, nous l'avons déjà vu tout à l'heure ; mais comme je ne parle point à des mécaniciens, bon nombre de mes lecteurs me sauront gré, je pense, de leur dire ce qu'on entend par un excentrfque.
Concevez un disque métallique circulaire, solidement fixé à un arbre cylindrique — c'est ici l'essieu moteur — mais fixé de telle sorte, que son centre ûe coïncide point avec l'axe de rotation. Imaginez maintenant ce disque entouré d'un collier également circulaire, mais mobile autour de lui et muni d'une barre rigide. Vous aurez ainsi ce qu'on nomme un excentrique, son collier et sa bielle.
L'essieu moteur vient-il à prendre un mouvement de rotation, l'excentrique tournera avec lui; mais, en raison de l'inégale largeur qui provient de sa position et de sa forme, il écartera et rapprochera progressivement le collier, de l'axe de l'essieu. De là résulte un mouvement de va-et-vient de la