‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 116 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

chaque bielle d'excentrique concourt à la faire osciller autour de son point milieu ; mais il est également facile de comprendre qu'une seule agit sur le tiroir : c'est celle dont l'extrémité aboutit directement à sa tige.

Veut-on que le tiroir reçoive son mouvement de l'autre barre d'excentrique, il suffira d'amener la bielle du tiroir en regard de celle-ci , mouvement que le mécanicien imprime à volonté par une série de bras de leviers et de tringles. On voit, sur le dessin , l'extrémité du levier de changement de marche, à l'arrière de la machine, ainsi que les tiges, bras de leviers et contre-poids, situés à côté et un peu au-dessous de la coulisse.

— Mais comment ce mécanisme peut-il agir, pour changer le sens de la marche?

— Je vais vous le dire. Mais je vous préviens, que c'est là un point, qui mérite toute votre attention.

Considérez la locomotive arrêtée un instant, l'un des pistons étant à bout de course, tandis que l'autre est à moitié — positions toujours corrélatives, nous l'avons vu. — Le tiroir, qui correspond à la seconde de ces positions, est précisément à la fin d'un de ses mouvements de va-et-vient, de sorte que si la vapeur arrive dans la boite, le mouvement aura lieu comme précédemment, c'est-à-dire, en avant. Mais que, par le mécanisme de la coulisse, le tiroir soit

tout à coup transporté à son autre position extrême, et c'est le contraire qui aura lieu : je veux dire que, la vapeur entrant par l'autre lumière, le piston marchera en sens inverse, et la manivelle de l'essieu prendra le mouvement rétrograde ou de marche en arrière 1 .

Tel est, en peu de mots, l'ingénieux appareil dont l'invention première remonte à Stephenson, et qui porte encore son nom.

La coulisse de Stephenson n'est pas seulement utilisée pour obtenir à volonté le changement de marche de la machine ; elle sert encore à modifier la longueur de course du tiroir. Il suffît pour cela d'arrêter, par l'intermédiaire des leviers et arbres de relevage, la bielle du tiroir en un point situé à une certaine distance des extrémités de la coulisse, ou, si l'on veut, plus ou moins rapproché de son point milieu. L'amplitude des oscillations devenant moindre pour l'extrémité de cette bielle, on voit que la course du tiroir sera par là diminuée.

Dans quel but? C'est ce que je ne puis me résoudre à passer sous silence. Que diraient, je vous

1. La coulisse que nous venons de voir, dont la courbure ou mieux la concavité est tournée vers le cylindre, se nomme coulisse renversée. La coulisse ordinaire, de moins en moins appliquée, est tournée vers l'essieu : en outre, c'est elle qui reçoit le mouvement du levier et de la barre de relevage, de manière à présenter l'une ou l'autre de ses extrémités à la tige du tiroir; mais le principe étant le même, je n'en dirai pas davantage.

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