‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 117 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

prie, les savants ingénieurs, auprès de qui vous pourriez vous renseigner de l'exactitude des explications qui précèdent, s'ils savaient que je n'ai dit mot de Y avance et du recouvrement, de la détente fixe et de la détente variable? Sans nul doute, ils hausseraient les épaules et n'auraient pas tort. Ici, en effet, il ne s'agit point d'une de ces questions théoriques qui intéressent la science seule et la pure .curiosité des fanatiques de formules ; gas n'est besoin pour la résoudre d'analyse transcendante ni d'algèbre : c'est avant tout une question pratique, un problème d'économie, dans toute l'acception du mot.

Rappelez-vous seulement ce qui se passe dans le cylindre, lorsque le tiroir est placé au point milieu de sa course. Vous avez vu qu'alors le piston est à la fin de la sienne, sur Tune ou sur l'autre face du cylindre. Supposons-le au fond, à l'avant : il va maintenant rétrograder, pendant que le tiroir continuera son mouvement dans le même sens, puis en sens inverse, et nous savons par quel mécanisme du tiroir la vapeur sera admise d'un côté et s'échappera de l'autre : à la rigueur, dans la position relative occupée par le tiroir et le piston, il suffirait que les bords du premier fussent précisément d'une épaisseur égale à la largeur des deux lumières, pour que le mouvement eût lieu comme nous l'avons décrit plus haut. Mais qui ne sait, que dans

une machine, les organes n'ont point une perfection absolue? qui ne sait combien le mouvement finit par altérer une perfection même relative?

Si l'égalité dont nous venons de parler existait, le jeu des pièces amènerait bientôt un retard ou une avance à l'admission de la vapeur, lesquels auraient au contraire pour correspondants, une avance ou un retard à l'échappement. De là, une contrariété dans le jeu de la vapeur, une réelle déperdition de force.

Comment parvient -on à faire disparaître ce grave inconvénient? Premièrement, en opérant le montage du tiroir de telle façon, que la vapeur soit admise un peu plus tôt; pour obtenir ce résultat, il suffit de caler l'excentrique, dans une situation convenable, sur l'essieu. Mais si l'admission de la vapeur est plus prompte, il en est nécessairement de môme de l'échappement; c'est une circonstance favorable à la sortie de la vapeur qui, sans cela refoulerait le piston dans son mouvement. Enfin, pour que l'échappement se fasse encore plus vite, on augmente l'avance correspondante, en accroissant à l'extérieur l'épaisseur des bords du tiroir, de sorte qu'ils recouvrent en partie les lumières.

Il y a donc avance à l'admission, plus forte avance à V échappement, et recouvrement. Or, ces seules modifications suffisent à produire une grande économie dans la dépense de vapeur, ou, ce qui revient

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