‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 130 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

se prêter à des points de vue divers, qui fournissent chacun matière à série, à classes, ordres, genres, espèces, variétés, comme on voudra. C'est ainsi qu'on range encore les locomotives, suivant la disposition des cylindres, ou bien suivant le nombre et la disposition des roues. Cela nous fournirait deux classifications nouvelles qui peuvent avoir leur intérêt. Mais il est vrai d'ajouter, que la première, celle fondée sur le service ou la fonction est, sinon plus naturelle, du moins plus complète; et, par là même, caractérise mieux les différents types. On conçoit enfin , que rien n'empêcherait de classer les machines suivant la forme ou la disposition de chacune de leurs parties constitutives, en descendant jusqu'aux plus minutieux détails.

Laissons là ces considérations.

Avant de quitter cependant, le sujet si intéressant des moteurs de nos voies ferrées, disons un mot de la disposition des cylindres et du nombre des roues.

Les locomotives sont à cylindres intérieurs ou à cylindres extérieurs. Dans le premier cas, ces organes sont compris entre les deux roues d'un même essieu, c'est-à-dire entre les rails. Il faut alors que l'essieu soit deux fois coudé en forme de manivelle, ce qui rend difficile et coûteuse la fabrication de cette pièce. Mais, d'autre part, une telle disposition donne plus de stabilité, et un mouvement à la fois plus régulier et plus tranquille.

La construction de l'essieu, dans les machines à cylindres extérieurs, est plus simple, puisqu'il n'est pas coudé , et que la bielle motrice vient seulement s'attacher au bouton d'une manivelle extérieure. Mais les cylindres surplombent la voie en dehors des rails, et la locomotive offre moins de stabilité.

On distingue en outre les cylindres, en horizontaux et inclinés. Nous avons vu des exemples de chacune de ces dispositions ; nous savons aussi que les cylindres inclinés offrent souvent l'inconvénient grave de mouvements de lacet ou de galop.

Enfin, mentionnons pour mémoire, qu'on a construit des machines à trois cylindres , et même à quatre cylindres. Dans ce dernier cas, les constructeurs avaient songé à utiliser de la sorte l'adhérence du tender 1 .

Lès premières machines construites étaient portées sur quatre roues seulement, situées entre la boîte à fumée et la boîte à feu. Mais comprenez-vous le danger, en cas de rupture d'un essieu ? La machine bascule, laboure la voie, déraille et entraîne la perte du train qu'elle remorque. Une leçon terrible, l'accident, que dis-je, la catastrophe qui fit du 8 mai 1842 un jour de sinistre mémoire, ne montra

1. On achève de construire, pour l'Exposition universelle de Londres, un nouveau type de machines à quatre cylindres, qui doit unir, dit-on, une grande puissance à une extrême rapidité.

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