‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 131 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

que trop» combien il importait d'augmenter le nombre des essieux de la locomotive.

Mais une autre raison motiva bientôt la disposition nouvelle. Avec six roues, on put accroître jusqu'à moitié le poids de la machine, sans quç les. rails aient à supporter une plus lourde charge. De là, possibilité d'augmenter, dans une proportion correspondante, la puissance des machines. Il est vrai que, depuis cette époque, le poids dçs rails ayant été lui-même accru dans une forte proportion, on pourrait revenir aux machines à quatre roues, si le premier motif, celui de la sécurité, ne militait toujours en faveur de la réforme réalisée.

Certaines machines ont huit roues : telles sont les Engerth à marchandises , dont nous avons parlé ; enfin il en est aussi, qui possèdent jusqu'à dix roues accouplées.

Tous les types que nous venons de passer en revue, quelque variés qu'ils soient, ont tous pour objet le parcours à grandes distances, sur les lignes ordinaires, et dans les conditions moyennes de pente et de courbure.

Mais le tracé d'un chemin de fer offrè-t-il des courbures de petit rayon, ou de fortes rampes? s'agit-il du service spécial des gares, de l'entrée en gare des trains arrivant, du chargement ou du déchargement des wagons de marchandises, de la formation des trains de départ? ou bien encore, les

trains à remorquer sont-ils d'une faible longueur, comme il arrive pour le service de la banlieue des grandes villes? Dans tous ces cas, on a reconnu la nécessité, ou tout au moins l'utilité, de locomotives construites suivant des systèmes tout spéciaux.

De là, les machines-tender et la locomotive de montagne.

Je n'insisterai pas sur cette dernière, qui n'est autre que YEngerth, avant les modifications nécessitées par son introduction sur les chemins français. On sait qu'Engerth, ingénieur autrichien, a conçu et exécuté un système de machines, ayant pour fonction de remorquer les trains, au passage du Sœmmering, sur une suite de fortes rampes, reliées par des courbes de petit rayon. Il fallait, pour résoudre le problème, obtenir une Irès-grande puissance de traction, sous des dimensions ordinaires, et sans charger les rails outre mesure. On Ta vu : c'est par la solidarité établie entre le tender et la machine, c'est par l'accouplement des roues, que cette puissance a été obtenue, le foyer ayant pu d'ailleurs atteindre ainsi de grandes dimensions, et la longueur et le nombre des tubes recevoir un accroissement proportionnel. Mais il faut ajouter, pour faire comprendre entièrement l'originalité de la locomotive de montagne, que les roues du tender et celles de la machine sont reliées par un engrenage, disposition, qui a été supprimée dans les Engerth françai-

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