‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 144 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA. LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA. LOCOMOTIVE

la force motrice de la vapeur. L'adhérence de la machine sur les rails n'esjt pas moins importante à considérer, et cette adhérence dépend, tant de la pression exercée sur le rail, que du diamètre des roues. L'adhérence comparée à la puissance de traction est-elle trop faible, il arrivera, surtout par les temps humides, que les roues glisseront sur les rails, patineront comme on dit, et que le démarrage deviendra difficile.

L'expérience a fait voir, qu'en imprimant aux roues motrices une vitesse de deux tours et demi à trois tours par seconde, on obtenait le maximum d'effet utile, en même temps que les meilleures conditions pour la conservation des divers organes. En restant dans ces limites, il sera aisé de comprendre que la force de la machine se traduira en vitesse, quand les roues motrices auront un grand diamètre; et au contraire, en puissance de remorquage, si les roues motrices ont un faible diamètre et sont accouplées. Telles sont les machines à voyageurs d'une part, et les locomotives Engerth, à marchandises, d'autre part. Mais on a déjà vu combien ces types extrêmes diffèrent entre eux, et quelles sont leur vitesses respectives, maximum et minimum 1 .

1. La vitesse moyenne des diligences était, à l'époque où les chemins de fer ont pris faveur, de 200 kilomètres environ par 24 heures, soit 8 kl, ,33 par heure. Celle des trains omnibus est aujourd'hui, arrêts compris, de 30 kilomètres, et-celle des trains

Vous trouveriez sans doute que je suis bien incomplet, comme statisticien, sur un sujet aussi curieux et aussi fécond, si je ne vous disais mot du prix de revient de ces puissantes machines. Et vous auriez raison.

Voici donc quelques chiffres à ce sujet.

Je les ferai suivre de certaines données expérimentales sur la durée et le parcours moyen des machines, et sur les frais généraux de traction. De la sorte, les gens, — et ils sont nombreux — qui aiment à se rendre compte de tout, pourront se faire une idée du prix que Ton paye ces deux éléments de tout transport, la vitesse et la masse.

Parcourez d'abord ce petit tableau :

fk voyageurs (Stephenson) 42 000 fr.

Prix l à quatre roues accouplées 45 000

d'une loco- } à marchandises de 24 tonnes .... 48 000

motive I Crampton 55 000

VEngerth à marchandises 107 000

. J d'un tender (Stephenson) 9 000

| d'un tender (Crampton) 11 000

Une locomotive et son tender coûtent donc, en moyenne, une soixantaine de mille francs: TEngerth du Nord, près du double 1 .

express, de 48 à 50 kilomètres par heure. C'est, moyennement, marcher cinq fois plus vite. Que serait-ce si la comparaison s'établissait, à cet égard, entre notre époque et le bon vieux temps, ne fût-ce que celui de Louis XIV?

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