PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
Le niveau d'eau, peu à peu montant avec l'ingénieur qui le porte, voilà notre inondation à nous. L'œil, rasant la surface de l'eau contenue dans les fioles du niveau, va marquer au loin sur le sol ces lignes, si précieuses pour l'intelligence de son relief.
J'aurais voulu vous expliquer encore comment on opère pour obtenir la détermination géométrique de ces courbes.... Mais je vous entends; en voilà bien long déjà sur un sujet qui n'est pas des plus attrayants, et.. .. je me hâte de retenir sur vos lèvres le vers du satirique :
Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin.
Revenons à nos moutons, je veux dire à notre tracé de chemin de fer, et voyons quel profit l'ingénieur va pouvoir tirer de son plan topographique, pour la fixation définitive de ce tracé. Voici d'ailleurs ce plan, où se trouvent indiqués à la fois rivières, monticules et collines, clochers, maisons, arbres même. Ces lignes sinueuses qui le parcourent en tous sens, numérotées 5, 10, 15, etc., sont les courbes de niveau et leur cotes; les hachures qui les
ticale. Deux courbes, si éloignées soient-elles, qui ont la même cote, sont situées à un même niveau : leurs situations respectives indiquent seulement à quel massif elles appartiennent chacune.
relient marquent avec elles le relief du sol , et le sens des ondulations variées du terrain :
Fig. 11. Plan topographique pour servir au tracé.
' Deux ou trois directions, avons-nous dit, sont en présence ; il s'agit de se prononcer entre elles. Voyez-vous cette ligne noire légèrement courbée à Tune de ses extrémités, et qui traverse le plan en diagonale? C'est le tracé du chemin de fer, suivant Tune de ces directions. Il reste à savoir de quelle nature et de quelle importance seront les travaux à exécuter, en quel point le chemin de fer entam : le sol, en quel autre il le domine au contraire, et, dans chaque cas, de combien au juste.