‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 157 sur 227 · TROISIÈME PARTIE. — MATÉRIEL ROULANT · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — MATÉRIEL ROULANT

c'est vrai, selon la catégorie des places. Est-ce là ce qui a causé la ruine des compagnies qui les faisaient construire ?

Enfin, comme il est bien avéré que notre réputation de galanterie française n'est pas à l'abri de toute contestation, et que les oreilles des femmes, des jeunes filles, des enfants n'ont que trop souvent l'occasion d'être blessées par des conversations et des lazzi d'une délicatesse équivoque, n'importet-il pas qu'il y ait , à toute réquisition, un nombre suffisant de compartiments, réservés aux dames qui désirent voyager seules? C'est une mesure adoptée déjà sur plusieurs lignes : elle ne demande qu'à être généralisée.

Le jour viendra-t-il bientôt où, par le progrès de l'aisance générale et des mœurs , les catégories de places seront supprimées ou, du moins, réduites à deux? C'est probable. Alors les immenses caisses de troisième seront mises au rebut, comme l'ont été leurs premiers modèles; alors les secondes, simples mais confortables, mais commodes, chauffées, aérées, éclairées, seront accessibles à la masse du public voyageur; et les premières, largement tarifées, comme l'exigent les dépenses de premier établissement et un entretien coûteux, continueront à être fréquentées par les riches.

Il n'y a rien là que de fort désirable, de fort naturel, ajoutons de très-praticable : je n'en veux d'autre

preuve que le service de la ligne de Versailles (rive gauche), où les trains sont uniquement composés de deux classes, les premières et les secondes. J'ai eu souvent l'occasion de fréquenter cette ligne, et, je dois le dire, jamais je n'ai été témoin, dans les secondes, de ces scènes désagréables dont les troisièmes sont assez souvent le théâtre ailleurs.

Qu'on ne vienne donc pas dire : sur tel chemin, les secondes sont trop confortables ; elles absorbent les voyageurs disposés à prendre les premières. Encore moins doit-on condamner les personnes, que leur bourse relègue aux troisièmes, à étouffer de chaleur, en rétrécissant les fenêtres de leurs voitures, en les disposant de telle sorte qu'elles masquent la vue; et cela sous le prétexte absurde, qu'en été les troisièmes deviennent préférables aux premières et aux secondes.

De telles raisons, que ne justifie pas l'économie, que condamne l'équité, ne peuvent pas, ne doivent pas être invoquées par des administrations intelligentes. Et nous sommes certain qu'en effet les compagnies, qui en comprennent le néant, ne demandent pas mieux que de favoriser la demande par l'offre de places généralement confortables, et, en accroissant ainsi le nombre des voyageurs, d'enfler les recettes de leur caisse.

Quelques particularités maintenant sur les voitures.

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