TROISIÈME PARTIE. —LES GARES
la dimension des surfaces couvertes, bâtiments, halles, etc., tandis que la gare du Nord affecte 5760 mètres carrés seulement, au service des voyageurs, l'espace couvert consacré au service des marchandises de la petite vitesse n'embrasse pas moins de 49 000 mètres carrés, près de 5 hectares. Et chaque jour, on reconnaît l'insuffisance de tels espaces, devant l'incessante augmentation du trafic.
. Je n'insisterai pas pour vous faire parcourir les vastes hangars, les quais, où se fait la manutention des marchandises; fort intéressante au point de vue des intérêts économiques, cette visite ne nous offrirait guère matière à observations pittoresques. Les grues, servant à charger et à décharger les diverses sortes de marchandises, les monte-charges employés aux opérations du même genre, et dont la forme varie suivant la nature des matériaux , n'ont rien qui puisse piquer notre curiosité.
Je me bornerai à vous dire que, de l'avis des hommes compétents, il y a grand avantage à disposer les hangars parallèlement à la voie, au lieu de les placer dans une direction perpendiculaire. Cette dernière disposition exige des plaques tournantes plus pu moins nombreuses, et l'entrée des trains sous les halles ne peut se faire directement, comme dans la première; de là une perte de temps, des manœuvres multipliées, et, en somme, des frais considérables'd'emmagasinage. Toute combinaison
heureuse, scientifique, artistique ou technique, se traduisant, dans l'exploitation, par une diminution de dépenses, par une économie, doit être la constante préoccupation de l'ingénieur.
Il est, pour les arts, deux sources d'inspiration également fécondes : d'un côté, la nature, ses tableaux variés et ses lois ; de l'autre, l'homme, ses passions, son activité collective ou individuelle. C'est . à cette dernière source, qu'il faut faire remonter l'émotion dont ne peut se défendre, celui qui pénètre pour la première fois dans une de ces grandes usines, où travaillent de concert les ouvriers intelligents et les moteurs aveugles.
Telle est l'impression qu'éprouve le visiteur, lorsquil parcourt ces ateliers immenses, ces forges, dont toutes nos grandes lignes de fer sont aujourd'hui pourvues. Sa curiosité est vivement éveillée par le coup d'œil varié que lui présentent les vastes halles, le long desquelles le mouvement va, vient, monte, descend dans toutes les directions, sous toutes les formes, faisant mouvoir des milliers de roues, d'arbres, de courroies, et distribuant à chaque ouvrier, à chaque outil, la part de force dont ils ont besoin.
Ses facultés artistiques ne sont pas moins surexcitées que son intelligence : ici, la lumière et l'ombre, se jouant d'une façon merveilleuse , en-
yGpogk