‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 19 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

culières, comme celles qui limitent l'inclinaison de la voie et la courbure du tracé. x

La théorie, d'accord avec l'expérience, indique en effet ces deux conditions fondamentales :

Le plan de la voie doit être autant que possible horizontal, ou bien, s'il admet des inclinaisons, rampes ou pentes, ces inclinaisons doivent rester au-dessous de certaines limites déterminées;

En outre la direction du tracé doit être rectiligne, ou, si elle affecte la forme d'une ligne courbe, la courbure, très-peu sensible, sera de même limitée.

C'est le moment d'entrer dans quelques détails à cet égard, et d'exposer à la fois les faits et leurs raisons d'être. Voyons d'abord les faits.

Vous dirai-je ce qu'on entend par ces mots pente de un millième, deux millièmes , trois millièmes, etc?

Rien n'est plus simple.

Dans la construction des premiers chemins de fer, les ingénieurs , un peu timides, admettaient pour les plus fortes pentes, une inclinaison de 5 millièmes : cela revient à dire que, pour 1 mètre de chemin horizontal, la voie montait ou s'abaissait, suivant le sens , de 5 millimètres. Une telle inclinaison donne, pour 1 kilomètre parcouru horizontalement, une différence de niveau de 5 mètres ; de 50 mètres par conséquent, sur l myriamètre. Cette prudence, bien naturelle au début d'une industrie nouvelle qui prisait fort la méthode expé-

rimentale, était d'ailleurs prescrite aux compagnies par l'administration des ponts et chaussées de France.

Telle est, encore aujourd'hui, la limite adoptée dans tous les parcours de lignes de fer, où Ton n'a point à traverser des régions tout à fait montagneuses. Néanmoins il arrive que des inclinaisons variant de 8 à 12 millièmes ont été acceptées pour d'assez longs parcours : ainsi sur le chemin de Strasbourg, aux environs de Bar-le-Duc, on trouve deux rampes en seras contraire, inclinées de 8 millièmes et dont la longueur totale arrive à 20 kilomètres; sur les chemins de Manchester à Liverpool et de Bristol à Londres, il y a des pentes de 1 centième, de 1 1 à 12 millièmes; il est vrai de dire que leur longueur ne dépasse pas 5 kilomètres 1 .

Au sortir d'Étampes, et longeantla vallée de l'Hémery, le chemin de fer de Paris à Orléans monte sur le plateau de la Beauce par une rampe de 6300 mètres de longueur, et s'élève de 50 mètres

1. Les chemins de fer, au point de vue de leur tracé, peuvent se diviser en :

chemins à pentes faibles ,

— à pentes moyennes,

— à fortes pentes,

selon que l'inclinaison reste; pour les premiers, au-dessous de 8 millimètres; pour les seconds, entre S et 10 millimètres; pour les autres enfin, au-dessus de 10 millimètres.

(Perdonnet, Traité des chemins de fer.)

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