QUATRIÈME PARTIE. —L'EXPLOITATION
Quels que soient les trains de voyageurs, c'est toujours en tête que marche la locomotive suivie de son tender ! ; entre celui-ci et les premières voitures sont placés les fourgons à bagages, dont le nombre varie évidemment avec l'importance du train. Ce ne sont pas seulement les bagages appartenant aux voyageurs qui remplissent ces wagons, mais aussi tous les articles de messagerie circulant à grande vitesse, les objets que leur fragilité ou leur petit volume ne permet pas de loger dans les trains de marchandises.
Enfin, je mentionnerai seulement pour mémoire les trains de plaisir, parce qu'ils ne se distinguent des autres, que par une diminution conventionnelle des tarifs , ou encore par un nombre de voitures et une charge, plus considérables.
La composition d'un train, j'entends le nombre et la nature des véhicules qui le forment, varie beaucoup, on le comprend, suivant l'espèce du train luimême , suivant les époques , et enfin aussi selon les lignes sur lesquelles il circule. Voici toutefois quelques indications moyennes, qui donneront au lecteur une idée de cette composition.
1. Il arrive quelquefois qu'une locomotive ne suffit pas à remorquer un convoi, dont la charge dépasse la moyenne ordinaire : on prend , dans ce cas , une locomotive de renfort. D'après les règlements, les deux machines doivent se suivre , en tête du train; c'est au, mécanicien de la première, à régler alors toutes les circonstances de la marche.
Sur l'ancien réseau du chemin de fer de l'Ouest, le nombre des trains a été, pour l'année 1860, de 23 par jour; chacun d'eux était moyennement composé de 17 véhicules, dont 4 de voyageurs et 13 de marchandises.
Les trains de voyageurs de la ligne de Lyon, pour la même année, comprenaient 10 voitures de toutes classes ; ceux de marchandises, 38 véhicules, wagons de marchandises, wagons à bestiaux, trucks à équipages, etc. Chaque train de voyageurs portait 89personnes , jet la charge d'un convoi de marchandises n'était pas égale à moins de 133 tonnes.
Les lignes de l'Est et d'Orléans donnent à très-peu près la même proportion, pour le nombre des voitures des deux sortes de trains. Les trains mixtes, sur ces deux derniers chemins, étaient composés, en moyenne, de 14 voitures, fourgons, trucks et •wagons à marchandises.
Est-on curieux de savoir, maintenant, quelle est l'intensité de la circulation générale dans le cours d'une année? Considérons les cinq grandes lignes de Lyon, de l'Est, de l'Ouest, du Nord et d'Orléans, et voyons quel a été, pendant l'année 1860, le mouvement total, soit des voyageurs, soit des marchandises transportées. Le réseau exploité avait alors une longueur de 7129 kilomètres.
Eh bien! en additionnant les nombres de voyageurs qui ont circulé sur ce réseau, on trouve le