QUATRIÈME PARTIE. —L'EXPLOITATION
la neige, le brouillard vienne à obscurcir la journée, les feqx des lanternes restent en permanence. En hiver, cela ne suffit pas toujours : il arrive que l'huile se congèle, et que les lumières s'éteignent. On essaye maintenant certaines huiles minérales, qu'on suppose devoir rester à l'abri de cette influence de la température.
— Un mot encore, interrompis-je. Puisque vous voulez bien nous donner sur les disques signaux ces détails curieux, dites-nous dans quels cas précis ils doivent marquer le signal d'arrêt ?
— Toutes les fois qu'un encombrement, une manœuvre quelconque empêche un train ou une locomotive de suivre la voie ; cinq minutes après le passage d'un convoi ; enfin, à toutes les bifurcations de voie 1 . Inutile, je pense, de vous en donner les raisons.
— Mais, repris-je, il n'y a pas des disques sur toute la ljgne, en tous ses points; un obstacle imprévu peut se présenter, un accident survenir, enfin, l'appareil peut ne pas fonctionner. Comment prévenir, dans ce cas ♦ d'une manière certaine, le train qui va suivre?
— En l'absence de tout autre signal, on place sur les rails, des pétards, des boîtes détonnantes, que
1. A l'arrivée d'un train, oq fait cesser l'arrêt sur la voie que le train parcourt.
font éclater les roues de la locomotive; seulement, il importe de poser ces signaux à sept op huit cents mètres au moins, en arrière de l'obstacle. On emploie aussi les pétards dans les cas de brouillard intense. Quand, par un temps clair, un train ren^ contre des pétards, le mécanicien doit serrer les freins, fermer le régulateur, et-, maître de sa marche, ne s'avancer qu'avec une grande précaution. Mais, s'il ne voit aucun obstacle, il se remet en route, en reprenant peu à peu sa vitesse normale. Les pétards peuvent être rangés dans la catégorie des signaux à la main. Il en est de même des sons de trompe. C'est à l'approche des trains ou des machines, et pour les annoncer, qu*on emploie ces derniers signaux. Plusieurs sons de trompe répétés demandent du secours. N'oubliai-je rien ? Vous aije dit que les tunnels, les tranchées dans les courbes, sont munis de signaux de nuit; que, pendant la nuit, tout train ou machine porte à l'avant, audessous de la cheminée, un feu blanc, un feu rouge à l'arrière 1 ; que, dans le cas où un train est obligé de se dédoubler, de manière à laisser à l'arrière un train à dix minutes d'intervalle, un drapeau vert pendant le jour, un feu vert pendant la nuit, indiquent le ralentissement ; enfin, que les trains ex-
1. Sur certaines lignes, il y a jusqu'à trois lanternes rouges à l'arrière.