QUATRIÈME PARTIE. —L'EXPLOITATION
période 1850-1860, c'est-à-dire pour un intervalle de dix ans, un nombre total de 44 morts. Ce n'est guère plus, on le voit, que le nombre des morts pour une seule année de la circulation parisienne.
Pendant ces dix années, le nombre total des voyageurs sur les cinq grandes lignes qui ont été le théâtre de ces accidents toujours déplorables, a été de 310 millions. C'est 1 mort sur 7 millions de voyageurs. Certes , quand on songe que la circulation annuelle moyenne a été de 777450 trains ayant parcouru 60 millions de kilomètres, on ne peut s'empêcher de reconnaître à quel degré de sécurité relative est parvenue la circulation , dans un système de transport aussi compliqué que celui des voies ferrées. Il y a là de quoi nous rassurer tous contre la faible probabilité qui nous menace, quand nous prenons notre place dans un train de railway.
Pour moi, je serais plus rassuré encore, si j'avais pu. connaître le nombre des blessés de ces dix années, si j'avais une idée précise du nombre de véhicules qui circulent dans les rues de Paris pendant un an , si je connaissais enfin , et le parcours total de ces véhicules , et le mouvement des piétons pendant la même période.
On a raison de dire, ne fût-ce que pour tranquilliser les voyageurs , que les chemins de fer offrent
une moindre proportion d'accidents et de victimes que les vieux modes de transport, par chaises de postes et diligences. On a raison de prémunir le public contre des alarmes tout au moins inutiles. Mais c'est à la condition que, par l'étude incessante des mesures de sécurité, les compagnies de chemins de fer s'efforceront de justifier la confiance générale. Or , il est juste de reconnaître qu'elles ont déjà beaucoup fait.
Étudiés dans leurs causes , les accidents proviennent, soit du matériel, soit du service des employés, soit des imprudences dues aux victimes elles-mêmes.
De là, trois catégories de mesures, de moyens de réduire le nombre des accidents.
Que le matériel fixe soit dans un état constant.de bon entretien, résultat d'autant plus aisé à obtenir que la fabrication elle-même en a été plus soignée, que les matériaux sont de qualité supérieure i ; que les mêmes conditions soient remplies pour le matériel roulant et les machines ;
Que la régularité du service , la parfaite organisation des trains, la perfection des signaux concourent avec Finstruction pratique des employés et
1. Des ingénieurs distingués assurent que la mauvaise qualité des fers, employés dans la construction du matériel des chemins anglais, suffit à expliquer le nombre plus grand des accidents de ces chemins , comparé à celui des lignes françaises.