POUR PRENDRE CONGE
Importance sociale des chemins de 1er; révolution pacifique et économique qu'ils sont appelés à réaliser un jour ; disparition des disettes. — Améliorations à l'étude. — Statistique de tous les chemins de fer du globe ; développement kilométrique dans les quatre parties du monde.
Ali moment de prendre congé de vous, lecteur, je me demande ce que je dois vous dire, en forme de conclusion.
Dois-je compléter l'examen que nous avons fait ensemble du matériel des voies ferrées, en vous priant de jeter un coup d'œil sur les systèmes particuliers dont l'application est réalisée sur quelques petites lignes, ou proposée à l'essai sur les autres, système atmosphérique de Saint-Germain, depuis peu abandonné, matériel articulé du chemin de fer de Sceaux, etc., etc.? Entrer dans de tels détails à propos de quelques combinaisons mécaniques, fort
ingénieuses sans doute, mais qui n'intéressent guère l'immense réseau de la circulation générale, ce serait , j'imagine, sortir du cadre de cet ouvrage.
Insisterai-je sur l'importance sociale que vingt années d'une exploitation de plus en plus étendue, de plus en plus active, ont donné peu à peu aux chemins de fer? C'est un fait désormais hors de toute contestation, c'est une vérité devenue banale; tout au plus me permettrai-je de remarquer que c'est moins au service des voyageurs qu'au transport des marchandises, qu'on devra l'inévitable révolution dont les voies ferrées présagent l'accomplissement pacifique. Grâce à la régularité, à la fréquence, à la continuité de la circulation, les disettes sont devenues impossibles. Le temps n'est pas bien loin cependant, où les blés d'Orient encombraient les ports de la Méditerranée, pendant que l'intérieur de la France souffrait d'une extrême pénurie : les routes, effondrées par les mauvais temps et par le transport des premières voitures de grains, se trouvèrent dans un tel état de dégradation, que la circulation demeura interrompue. Grâce aux chemins de fer, on n'a plus rien à craindre de pareil.
Sans doute, il reste à réaliser bien des perfectionnements, soit dans le matériel, soit dans l'organisation même du service, soit dans la constitution