‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 34 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

difficile de se former une juste idée de la construction d'un chemin de fer.

Terminons par un exemple.

Sur les confins des départements d'Eure-et-Loir et de l'Orne , à peu de distance du bourg de la Loupe, la seconde section du chemin de fer de l'Ouest coupe, en se dirigeant vers Nogent-le- Rotrou, un monticule considérable, qu'elle devait d'abord traverser en tunnel. Des puits furent même creusés pour le percement du souterrain; mais les ingénieurs se ravisèrent, et décidèrent l'ouverture d'une tranchée. C'est une des plus considérables des chemins de France, comme on peut en juger par les nombres suivants : elle s'étend sur une longueur de quatre kilomètres, et atteint jusqu'à seize mètres, dans sa plus grande profondeur. Les terres déblayées ont fourni le nombre énorme de onze cent mille mètres cubes, c'est-à-dire autant que la grande, tranchée du Tring, citée plus haut. Pendant plusieurs années, onze cents ouvriers, en moyenne, ont travaillé à l'achèvement de cette œuvre gigantesque, qui a nécessité la plupart des travaux de consolidation et d'assainissement dont il vient d'être question. La figure ci-dessous donne une idée de l'organisation des ateliers, et montre que la maçonnerie a dû marcher de pair avec les déblais.

Sur la droite du dessin, une partie des murs de

revêtement est déjà terminée, et les déblais de la partie supérieure s'effectuent toujours. Les motifs de cette marche simultanée des terrassements et des travaux de consolidation étaient pressants, en effet. Des masses de terres glaiseuses eussent glissé

Fig. 21. — Tranchée de la Loupe; vue générale des travaux,

sans cela jusqu'au fond de la tranchée, et rendu le travail impossible : d'épais murs de soutènement, hauts de quatre mètres, retiennent ces masses dans les points les plus dangereux. Puis, au-dessus, s'étend une banquette qui garantit la voie contre les

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