‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 35 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

éboulements supérieurs. Ces pierrées assainissent en outre le haut des talus, que bordent de part et d'autre une partie des terres, retroussées en cavaliers.

Sur la moitié de la tranchée, la voie est horizontale. A ce palier, succèdent deux rampes de cinq à huit millièmes de pente. Enfin, ajoutons ce détail particulier : les puits, creusés pour le tunnel en projet, servent à l'assainissement des talus, dont ils conduisent toutes les .sources ramifiées jusqu'aux sables inférieurs à l'argile.

Un mot maintenant des nmblais : je serai bref. Comment les établit-on? Comment les consolidet-on ? A quels accidents, à quelles difficultés donnentils lieu ? C'est à ces trois questions que je vais successivement répondre.

Les remblais — on l'a vu — se forment par voie de compensation, quand les terres d'une tranchée sont de bonne nature, et que la distance n'en rend pas le transport trop coûteux ; ou par voie d'emprunt, pour les motifs contraires. Eh bien, il est constant, que les meilleurs remblais sont ceux qu'on a fait exécuter au tombereau : dans ce cas les couches successives sont pilonnées par les roues des véhicules et par les pieds des chevaux, avantage que n'offre pas l'emploi des wagons, puisqu'alors les terres ne se tassent que sous leur propre poids.

Qu'en résulte-t-il? Que les remblais au tombereau sont moins sujets à s'écrouler et que les tassements ultérieurs y sont beaucoup moindres. Ce dernier avantage n'est pas à dédaigner, si l'on songe que l'ingénieur doit prévoir, calculer d'avance le tassement d'un remblai, en proportion de la hauteur que donnent les profils, pour éviter, une fois la voie posée, les remaniements de terrain.

Les causes de dégradation des remblais sont aussi de diverses natures. Jfi, c'est le sol qui s'affaisse sous le poids des masses de terres rapportées; là, des éboulements, dus au défaut d'homogénéité des matériaux qui composent le remblai. Dans le premier cas, il arrive que le sol compressible cède sous le poids énorme, et que les remblais pénètrent à une certaine profondeur, engloutissant de la sorte les résultats d'un travail long et dispendieux. C'est ce qui est arrivé sur la ligne de Mulhouse : le grand remblai de la Méance s'est enfoncé à une profondeur de cinq mètres, et deux cent mille mètres cubes de terre, près de la moitié de la masse totale, ont été enfouis, perdus pour l'œuvre qu'il s'agissait d'édifier.

A cela, double remède. On emploie des matériaux moins pesants , résidus de houille , plâtras , débris de construction, etc. Ou bien encore, on élargit la base du remblai, ce qui diminue la pression sur un même point, mais aussi, ce qui augmente d'autant la surface occupée par le chemin de fer.

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